Près de 4 ans après la publication commune entre la SFAF, l’AMAFI et l’AFG de la charte encadrant la recherche sponsorisée, l’AMAFI vient de publier un état des lieux de la recherche sponsorisée pour 2025 et constate le succès de l’expérience française : une nette progression du nombre de contrats de recherche établis sous l’égide de la charte et près de la moitié des sociétés cotées sur Euronext dont la capitalisation est comprise entre 10 M€ et 1 Md€ sont couvertes par des prestataires de recherche sponsorisée.
La SFAF s’est associée en 2022 à l’AMAFI et à l’AFG, avec le soutien de l’AMF, pour la publication d’une charte encadrant la recherche sponsorisée afin d’assurer que l’analyse produite par les prestataires de recherche soit réalisée dans le respect du principe d’objectivité, pour que celle-ci soit ainsi reconnue comme une véritable recherche en investissement.
La production de recherche est essentielle à une Place financière forte, à la profondeur du marché et à la liquidité des titres. Elle constitue une information fondamentale, pour les investisseurs comme pour les émetteurs.
Laurent Dubois, administrateur de la SFAF, commente en ce sens :
Le panorama présenté dans l'état des lieux montre une évolution qui est marquée par deux phénomènes :
- La poursuite de la concentration (Bryan Garnier racheté par Stifel) ou l'abandon de l'activité (Gilbert Dupont)
- La nécessité d'avoir accès au primaire pour financer la recherche secondaire.
Parmi les prestataires Non-PSI, le business model s'appuie sur les services connexes à la rédaction de notes de recherche, tels que le conseil lors de M&A ou émission de titres : 99% des notes de recherche sponsorisée sont à l'achat ou Neutre. Ce prisme conduit les investisseurs à s'interroger sur la qualité / l'objectivité de l'analyse, et dès lors la valeur à affecter à cette RS.
- La hausse du nombre de contrats par prestataire reflète une standardisation des méthodes de valorisation et d'analyse financière (plutôt que rationalisation).
- La multi-couverture est souvent liée à des activités primaires.
- La présence d'une multi-couverture contribue à la formation d'un consensus de marché, et à la liquidité mais aussi à l'existence du contradictoire et de la confrontation de différentes méthodes d'analyses.
Le nombre de sociétés potentiellement concernées par la RS est fonction des IPO / Retraits de la cote. Depuis 2 ans l'arrivée de nouveaux titres est en décrue, alors que les retraits progressent. Il importe de s''interroger sur les raisons de retraits, considérant que de nombreuses micro-caps soulignent le poids / coûts en personne et temps de maintenir une veille boursière.
Il serait intéressant de voir la part de la recherche non sponsorisée dans le suivi des valeurs entre 500mio/1000mio. C'est la frontière à partir de laquelle les PSI vont commencer le suivi indépendant, sans obligatoirement rechercher un contrat de RS. Ceci explique probablement la différence entre cette tranche de 500mio/1Md, soit 29% et celle des 10/50mio soit 54%.
Pour rappel, en mars 2025, la SFAF a répondu à la consultation de l’ESMA sur la mise en place d’un code européen visant à encadrer la pratique de la recherche sponsorisée inspiré du document français et qui devrait entrer en vigueur en juin 2026, et Florence Priouret, présidente de la SFAF, s’est exprimée sur le sujet le 23 octobre dernier dans un article d’Option Finance par Mathilde Hodouin.