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24/06/2026 Formation, Analyse extra-financière, Intelligence artificielle

Intelligence artificielle et finance durable au cœur de la remise des diplômes de l’Académie SFAF

Le 17 juin, l’Académie SFAF a organisé une cérémonie de remise des diplômes pour célébrer les 133 nouveaux certifiés CESGA, CEFA et CIIA de 2025. Les interventions de Jean-Florent Rérolle, vice-président de la SFAF, d’Antoine Goyer, directeur de l’Académie SFAF, et de Jana Todorovic, Alumni CESGA 2024, ont été l’occasion de faire le point sur l’évolution du métier d’analyste financier, notamment avec l’intégration des enjeux extra-financiers et de l’IA.

Analyste et gérant : des métiers qui évoluent
Jean-Florent Rérolle a ouvert la cérémonie en adressant ses félicitations aux diplômés du CESGA et du CIIA. Il a rappelé que l’obtention de ces certifications est le résultat d’un engagement exigeant. Ce diplôme constitue ainsi une reconnaissance concrète de leur persévérance et de leur exigence professionnelle. Il a ensuite souligné que ces formations prennent une importance particulière dans un moment où les métiers de l’analyse financière et de la gestion évoluent en profondeur. L’analyse ne peut plus se limiter à la lecture des comptes, au calcul de ratios ou à la construction de modèles financiers. Elle suppose désormais une compréhension beaucoup plus complète de l’entreprise : son modèle économique, sa gouvernance, ses risques, sa trajectoire climatique, ses enjeux sociaux, sa qualité d’exécution et sa capacité à créer de la valeur dans la durée.
Dans ce contexte, le CESGA prend tout son sens. Les sujets extra-financiers ne sont plus des compléments périphériques à l’analyse financière. Ils deviennent une composante à part entière de l’appréciation du risque, de la performance et de la valeur. Ils obligent les analystes et les investisseurs à regarder plus loin que les seuls chiffres publiés, en intégrant la soutenabilité du modèle d’affaires et la qualité des choix stratégiques. Le CIIA rappelle, de son côté, une exigence tout aussi essentielle : la rigueur analytique. Dans un environnement saturé d’informations, de commentaires, de récits d’entreprise et parfois de bruit, les professionnels de la finance doivent pouvoir s’appuyer sur des méthodes solides, des repères conceptuels fiables, une capacité à comparer, à douter, à vérifier et à exercer leur jugement avec indépendance.
Jean-Florent Rérolle a également évoqué l’impact croissant de l’intelligence artificielle sur les métiers de la finance. L’IA permettra de traiter davantage d’informations, de gagner du temps, de préparer des analyses et d’identifier certains signaux faibles. La SFAF a d’ailleurs décidé de s’emparer de ce sujet avec la création d’un club consacré à l’IA et à l’analyse financière. Mais il a aussi rappelé que pour bien utiliser ces outils, il faut être formé, maîtriser les concepts, poser les bonnes questions, vérifier les sources, comprendre les ordres de grandeur et repérer les incohérences.
Le diplôme remis aux lauréats apparaît ainsi non seulement comme une reconnaissance, mais aussi comme un point d’appui pour exercer leur métier avec davantage de solidité, de discernement et d’indépendance. En conclusion, Jean-Florent Rérolle a invité les diplômés à s’investir dans la communauté professionnelle de la SFAF, à participer à ses commissions et groupes de travail, et à contribuer ainsi à son renouvellement, à son dynamisme et à son rayonnement.

Finance durable : des avancées réelles, mais encore de nombreuses limites
À l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes de l’Académie SFAF, Jana Todorovic, diplômée du CESGA en 2024 et docteure en droit, est revenue sur les conclusions de sa thèse consacrée à la responsabilité des acteurs des marchés financiers en matière de droits humains et de protection de l’environnement.
Son constat de départ est sans appel : les crises environnementales et sociales s’intensifient. Dégradation de la biodiversité, multiplication des catastrophes climatiques, aggravation de la pauvreté ou encore augmentation du travail forcé témoignent de l’ampleur des défis à relever. Or, les flux financiers et les choix d’investissement sont étroitement liés à ces enjeux.
Longtemps, la finance a considéré les questions sociales et environnementales comme extérieures à sa mission première. Pourtant, la sphère extra-financière constitue aujourd’hui une grille de lecture essentielle pour évaluer les risques et les opportunités de long terme. Inversement, la finance peut devenir un puissant levier de transformation en orientant les capitaux vers des activités plus durables.
Ces dernières années, un arsenal réglementaire ambitieux s’est progressivement mis en place, notamment sous l’impulsion de l’Union européenne. Le règlement SFDR, la taxonomie européenne ou encore la directive CSRD ont profondément modifié les pratiques du secteur en renforçant les obligations de transparence et en proposant des cadres de référence pour évaluer la durabilité des activités économiques.
Pour autant, ces évolutions ne suffisent pas à garantir une finance pleinement responsable. La recherche de Jana Todorovic met en évidence plusieurs limites. La première est celle du « piège de la transparence ». Les réglementations imposent de plus en plus de mesurer et de publier les incidences négatives des investissements, mais sans toujours fixer de seuils de réduction ou d’objectifs contraignants. Le risque est alors de dresser un inventaire des préjudices sans engager de véritables actions de prévention.
Deuxième limite : la complexité croissante du cadre réglementaire. Si les nouvelles normes ont permis de structurer la finance durable, elles demeurent difficiles à interpréter et laissent une marge importante d’appréciation aux acteurs. Cette sophistication peut freiner leur appropriation et créer des incertitudes de marché.
Enfin, la finance durable reste marquée par un biais en faveur des critères les plus facilement quantifiables. Les enjeux climatiques, mesurables notamment via les émissions de carbone, bénéficient d’une attention plus forte que des sujets comme la biodiversité ou certaines dimensions sociales, pourtant tout aussi déterminants.
Malgré ces limites, la dynamique est engagée. Les normes internationales et européennes ont déjà transformé durablement la manière dont les investisseurs appréhendent les risques, les opportunités et la gestion des portefeuilles. La finance responsable apparaît ainsi comme un catalyseur de changement. Son défi est désormais de dépasser l’exercice de transparence pour produire un impact réel et mesurable sur les plans environnemental et social.

La présentation diffusée pendant l'intervention de Jana Todorovic est disponible via ce lien et le replay de son intervention est visionnable ci-dessous :

L’importance de la communauté
Antoine Goyer a débuté son intervention en présentant le bilan des certifications de l’Académie SFAF pour l’année 2025. Au-delà des résultats académiques, il a insisté sur l’importance de l’appartenance à la communauté SFAF et a encouragé les certifiés à participer activement aux différentes commissions, groupes sectoriels et clubs de réflexion de l’association. La SFAF constitue en effet un lieu privilégié d’échanges entre professionnels de l’analyse financière et extra-financière, favorisant les rencontres et le partage d’expérience entre générations de praticiens.
Enfin, Antoine Goyer a mis en avant les nouvelles initiatives de la SFAF pour accompagner les évolutions de la profession. Il a présenté l’ECRA, la nouvelle certification de Climate Risk Analyst de l’EFFAS, dédiée aux risques climatiques, ainsi que les formations et certifications développées autour de l’intelligence artificielle et de son application à l’analyse financière. L’IA représente une transformation majeure des métiers de la finance, qui nécessitera de nouvelles compétences techniques et analytiques dans les années à venir.

Lors de la cérémonie, deux certifiées CESGA et un certifié CIIA ont expliqué leurs motivations pour suivre cette certification, les nouvelles compétences acquises à cette occasion et les raisons pour lesquelles ils recommandent l'Académie SFAF. Retrouvez les entretiens réalisés avec Jana Todorovic, Marion Laversin et Carlo Colombo.

Le CESGA est une certification en analyse extra-financière / analyse ESG délivrée sous l'égide de l'EFFAS, l'association européenne des analystes financiers, et proposée en France par la SFAF.
Le CIIA est une certification reconnue internationalement et un accélérateur de carrière dans les fonctions d'analyste ou de gérant d'actifs. Il permet de développer votre expertise technique en analyse financière.