Les actualités et publications
27/01/2026 Réglementation, Comptabilité

Comptabilité : améliorer l’information financière pour les investisseurs

Rencontre de la commission Comptabilité avec l’IASB

 

Le 14 janvier 2026, Florence Priouret, présidente de la SFAF, Jacques de Greling et Bertrand Allard, co-présidents de la commission Comptabilité de la SFAF, ont accueilli une délégation de l’International Accounting Standard Board (IASB), conduite par Andreas Barckow, président du Board et Bertrand Perrin, membre du Board en charge des normes comptables internationales IFRS. Tableau des flux de trésorerie, compte de résultat, norme sur l’information sectorielle… : plusieurs sujets majeurs pour la commission ont pu être évoqués.

Les discussions avec les membres de la commission ont porté essentiellement sur les projets pratiques, pouvant délivrer rapidement de réelles améliorations de l’information financière pour les investisseurs.  

Tout d’abord, les représentants de la commission ont mis en avant le grand intérêt pour le projet actuel d’amélioration du tableau des flux de trésorerie, rappelant que la SFAF avait déjà exprimé son grand intérêt et ses vues dans plusieurs lettres, dès 2017 au normalisateur britannique et en 2025 à l’EFRAG. Les investisseurs avaient mis en avant les 4 grands points suivants :

  • Absence d’une nécessité d’une refonte complète du tableau de flux : son format (méthode indirecte et trésorerie et équivalent de trésorerie) et sa structure en 3 blocs (opérationnel, investissement, financier) sont satisfaisants.
  • Une meilleure désagrégation, afin d’avoir une compréhension sans ambiguïté des flux, tout en permettant aussi une meilleure connectivité avec les autres états financiers.
  • Des informations supplémentaires, en annexe, sur certains éléments non-cash et un bouclage sur l’évolution de l’endettement net.
  • Des informations supplémentaires sur les activités en cours de cession et les minoritaires.

Les deux représentants de l’IASB, après avoir mis en avant la logique de traiter ce sujet, après les récents changements sur le compte de résultat (IFRS 18), se sont montrés plutôt sensibles aux désirs des investisseurs et à leurs arguments. Ils ont néanmoins évoqué la possibilité de structurer un tableau des flux autour de 5 blocs, comme dans le compte de résultat en IFRS 18.

Ensuite, le deuxième sujet évoqué est celui de la nécessité d’une amélioration de la norme sur l’information sectorielle (IFRS 8), aujourd’hui très insuffisante pour les investisseurs. Les co-présidents de la commission Comptabilité ont insisté sur le fait que, maintenant qu’IFRS 18 définit, enfin, le résultat opérationnel, il est indispensable que cet agrégat soit rendu obligatoire pour tous les segments, afin de permettre la comparabilité d’une entreprise à l’autre, tant attendue par les analystes. L’IASB a indiqué que ce sujet figure par les sujets « en réserve » pour les prochaines années.  

Au-delà de ces deux sujets, les co-présidents de la commission ont rappelé que, pour les investisseurs, trois grands sujets restaient prioritaires : l’information sectorielle (en plus du résultat opérationnel, évoqué ci-dessus), l’amélioration du compte du compte de résultat (bien au-delà d’IFRS 18), et regroupement d’entreprises / goodwill (le projet actuel est une voie sans issue). Ces sujets figuraient d’ailleurs déjà dans les courriers de la SFAF lors des précédentes consultations sur le programme de travail de l’IASB.

L’IASB a indiqué aussi continuer à travailler sur les incorporels, mais ce thème, très complexe, semble faire difficilement l’unanimité.
Pour terminer, le président de l’IASB, dont le mandat se termine en juin prochain, a évoqué les problématiques de financement du normalisateur international, qui amené l’institution à réduire ses moyens (nombre de membres du Board, personnel technique…). Cela pourrait entraîner des conséquences significatives sur le programme des travaux de l’IASB. Il a également mis en avant la faiblesse, ou l’inexistence, des contributions des utilisateurs des normes internationales (entreprises, investisseurs...). Cette situation est d’autant plus problématique que l’environnement international semble plus complexe, comme le laisse entrevoir de récents propos du Président de la SEC.  

L’ensemble des contributions de la commission Comptabilité et Analyse Financière de la SFAF sont accessibles dans la base documentaire.