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01/06/2026 Formation, Analyse extra-financière

Signaux climatiques en Europe en 2025 : le point de vue des investisseurs

Le rapport « État du climat en Europe 2025 », publié par le Service Copernicus sur le changement climatique et l’Organisation météorologique mondiale, dresse un tableau détaillé d’un continent soumis à une pression climatique soutenue.

La quasi-totalité du continent a enregistré des températures annuelles supérieures à la moyenne en 2025. L’Europe a connu sa deuxième vague de chaleur la plus intense jamais enregistrée, tandis que la superficie brûlée par les feux de forêt et les émissions liées aux incendies ont toutes deux atteint des niveaux records. Les températures annuelles de surface de la mer pour la région ont été les plus élevées jamais enregistrées, et 86 % des eaux européennes ont connu de fortes vagues de chaleur marines.
Le rapport note également que 2025 figurait parmi les trois années les plus sèches en termes d’humidité du sol depuis 1992, tandis que le débit annuel des cours d’eau est resté inférieur à la moyenne dans 70 % des rivières européennes.
Ces indicateurs examinent la manière dont sont évaluées la résilience des infrastructures, les chaînes d'approvisionnement, la productivité agricole et l'exposition économique régionale.
Le Dr René Nicolodi, CAIA, responsable des actions et des thèmes chez Swisscanto AM et membre de la commission ESG de l'EFFAS, note : « Les données climatiques sont désormais au cœur de la prise de décision économique, car les investisseurs évaluent la résilience des entreprises et la création de valeur à long terme, ainsi que la sensibilité des prix et les risques systémiques liés au changement climatique. »


C3S/ECMWF and WMO, 2026: C3S-WMO European State of the Climate 2025, climate.copernicus.eu/ESOTC/2025, doi.org/10.24381/zy93-sb27

Risques physiques dans tous les secteurs
Le rapport recense les conditions climatiques entraînant des répercussions directes sur de multiples secteurs de l’économie européenne.
Les vagues de chaleur marines affectent la pêche, le tourisme et les infrastructures côtières. Les sécheresses persistantes entraînent des répercussions sur l’agriculture, la disponibilité en eau et les activités industrielles. Les incendies de forêt et les vagues de chaleur exercent une pression supplémentaire sur les systèmes d’assurance, les infrastructures énergétiques et les capacités de santé publique.
Fritz Mostböck, responsable de la recherche au sein du groupe Erste, membre de la commission ESG de l’EFFAS et ancien président de l’EFFAS, note : « Nous constatons des risques climatiques réels : réchauffement climatique, fonte des glaciers, pénuries d’eau dans certaines régions, événements météorologiques extrêmes fréquents, glissements de terrain et coulées de boue, augmentation des ouragans, des incendies de forêt, des inondations et des vagues de chaleur, etc. Tout cela a des conséquences économiques directes – pour les entreprises, les gouvernements et les assureurs, tels que les réassureurs. Ces évolutions entraînent des coûts, des pertes ou une hausse des primes et des surcharges de risque. C’est précisément ce à quoi le programme de formation ECRA de l’EFFAS , entre autres, est destiné à remédier. »
Le rapport indique en outre que les glaciers de toutes les régions européennes ont enregistré une perte de masse nette en 2025, tandis que la calotte glaciaire du Groenland a perdu environ 139 gigatonnes de glace.

Climat et biodiversité
Une section spécifique du rapport examine la relation entre les aléas climatiques et la résilience de la biodiversité.
Le rapport décrit le changement climatique et la biodiversité comme des systèmes interdépendants au sein des cadres politiques et de gestion des risques européens. Il souligne également comment la dégradation des écosystèmes peut affecter les ressources en eau, la production alimentaire, l’activité économique et la stabilité financière par le biais d’effets en cascade.
Cette approche est conforme à l'Évaluation européenne des risques climatiques (EUCRA), qui identifie la résilience des écosystèmes et la restauration de la biodiversité comme des composantes de l'adaptation au changement climatique et de la planification de la résilience à long terme.
Alvaro Cangas, responsable du pôle Climat et développement durable chez Marsh, commente : « Le débat évolue, passant d'une approche isolée des risques climatiques à une approche axée sur la résilience systémique. La biodiversité, le stress hydrique et les impacts climatiques physiques interagissent d'une manière qui est pertinente pour l'analyse des investissements à long terme. »

Transition et adaptation
Le rapport fait également état de progrès constants dans la transition énergétique européenne. Les énergies renouvelables ont représenté 46,4 % de la production d'électricité en Europe en 2025, tandis que l'énergie solaire a atteint une part record de 12,5 %.


C3S/ECMWF and WMO, 2026: C3S-WMO European State of the Climate 2025, climate.copernicus.eu/ESOTC/2025, doi.org/10.24381/zy93-sb27

Dans le même temps, les impacts climatiques physiques continuent de s’intensifier dans toutes les régions et tous les secteurs. Pour les investisseurs et les gestionnaires de risques, cela pose un double défi : évaluer le positionnement en matière de transition tout en analysant la capacité d’adaptation et l’exposition physique.
Jean-Philippe Desmartin, responsable de l’investissement responsable chez Edmond de Rothschild AM et coprésident de la commission ESG de l’EFFAS, observe : « La transition et les dimensions physiques du risque climatique évoluent de manière simultanée. Les investisseurs doivent analyser la capacité d’adaptation et le positionnement en matière de transition conjointement, plutôt que comme des thèmes distincts. »

Conclusion
Le rapport « European State of the Climate » fournit un ensemble détaillé de données climatiques pour l’Europe en 2025. Pour les professionnels de la finance, l’intérêt réside dans la manière dont ces indicateurs sont liés à la résilience des actifs, à l’exposition opérationnelle, à la valorisation à long terme et à la stabilité économique.
Les indicateurs climatiques s’inscrivent dans le contexte dans lequel le risque financier est évalué.

En savoir plus sur l’ECRA, la certification européenne d’analyse des risques climatiques appliqués à la finance, créée par l’EFFAS et proposée en France par l’Académie SFAF.

Article initialement publié le 15 mai 2026 en anglais par l’EFFAS et disponible via ce lien.