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24/06/2026 Analyse extra-financière

Les bases sont posées : quelle est la prochaine étape pour la gestion des risques climatiques ?

Observations récentes de la BCE

 

La Banque centrale européenne (BCE) a récemment publié une mise à jour de son recueil de bonnes pratiques en matière de gestion des risques liés au climat et à la nature. Cette publication fait suite à plusieurs années de dialogue avec les banques dans le cadre de la surveillance prudentielle et fournit une indication utile sur les axes prioritaires.

Une observation notable ressort du rapport : bon nombre des éléments fondamentaux initialement exigés par les autorités de surveillance – structures de gouvernance, processus d’identification des risques et cadres internes – sont désormais en place dans l’ensemble du secteur bancaire.
Le débat évolue donc vers la qualité et la sophistication de l’évaluation des risques climatiques.

Progrès réalisés depuis 2022
Lorsque la BCE a publié pour la première fois ses attentes en matière de surveillance concernant les risques liés au climat, de nombreux établissements étaient encore en train de mettre en place les structures de base nécessaires pour identifier et gérer ces expositions.
Selon la BCE, les banques ont depuis réalisé des progrès substantiels. Les risques climatiques et environnementaux sont désormais plus couramment intégrés dans les dispositifs de gouvernance, les cadres de gestion des risques et les processus de planification stratégique.
Ces progrès sont significatifs. La gestion des risques climatiques n’est pas considérée comme un exercice isolé, mais s’inscrit dans le cadre de discussions plus larges sur la prudence et la gestion des risques.

Domaines nécessitant des améliorations
Si les fondements sont largement en place, la BCE identifie plusieurs domaines dans lesquels les méthodologies et les pratiques continuent d’évoluer.
Parmi ceux-ci, figurent l’évaluation des risques physiques, les risques liés à la nature, l’analyse de scénarios et la planification prudentielle de la transition.
Ces thèmes partagent une caractéristique commune : ils exigent des établissements qu’ils évaluent l’incertitude sur de longs horizons temporels et qu’ils analysent comment les évolutions environnementales peuvent influer sur les résultats financiers.
Par exemple, la compréhension des risques physiques ne se limite pas à l’identification de l’exposition aux inondations, aux sécheresses ou au stress thermique. Les établissements doivent également examiner comment ces aléas peuvent influencer la qualité du crédit, la valeur des actifs, la continuité des activités et l’activité économique régionale.

Perspectives à l’horizon 2027
Cette orientation se reflète également dans les évolutions réglementaires au niveau européen.
Les lignes directrices de l’Autorité bancaire européenne relatives à l’analyse de scénarios ESG, qui entreront en vigueur à partir de 2027, mettent davantage l’accent sur l’évaluation prospective et l’utilisation de scénarios dans les cadres de gestion des risques.
Cela vient compléter les observations de la BCE. À mesure que les attentes en matière de surveillance évoluent, les établissements sont censés renforcer leur capacité à analyser comment différentes trajectoires climatiques et environnementales pourraient affecter leurs portefeuilles, leurs contreparties et leurs modèles économiques.
Le défi consiste non seulement à identifier les facteurs de risque, mais aussi à évaluer leurs conséquences potentielles dans différentes conditions futures.

Implications pour les professionnels de la finance
Pour les praticiens, cette évolution met davantage l’accent sur les capacités d’analyse.
Les risques climatiques et environnementaux doivent être interprétés à l’aune des catégories de risques financiers établies, traduits en évaluations quantitatives et intégrés dans les processus décisionnels.
La dernière publication de la BCE suggère que la prochaine étape de la gestion des risques climatiques dépendra moins de la mise en place de cadres que de leur application cohérente dans des contextes de risques complexes.

Priorités futures
Les bonnes pratiques actualisées de la BCE offrent un aperçu utile de l’état actuel de la gestion des risques climatiques au sein du secteur bancaire.
Elles offrent également un aperçu des perspectives d’avenir. Les risques physiques, les risques liés à la nature, l’analyse de scénarios et la planification de la transition occupent une place de plus en plus centrale dans l’évaluation prudentielle des risques.

Le programme « EFFAS Certified Climate Risk Analyst » (ECRA) aborde directement ces thèmes, en dotant les professionnels de la finance des connaissances nécessaires pour analyser, interpréter et appliquer les méthodologies relatives aux risques climatiques dans un contexte financier. En savoir plus sur l’ECRA, la certification européenne d’analyse des risques climatiques appliqués à la finance, créée par l’EFFAS et proposée en France par l’Académie SFAF.

Article initialement publié le 3 juin 2026 en anglais par l’EFFAS et disponible via ce lien.