Le risque climatique est en passe de devenir une composante à part entière de l'analyse financière, grâce à l'évolution des cadres, des données et des approches de modélisation. L'accent est mis sur la manière dont ces cadres sont mis en œuvre dans la pratique.
Les orientations et outils récents publiés en avril 2026 par le Network for Greening the Financial System (NGFS – Réseau pour l'écologisation du système financier)(1) témoignent clairement de cette évolution.
Appliquer les cadres existants
L'un des messages centraux du dispositif du NGFS est que les ensembles de données, les indicateurs et les méthodologies existants permettent déjà de réaliser des progrès significatifs dans l'évaluation des risques environnementaux. Les outils disponibles peuvent être utilisés pour identifier l'exposition, évaluer la vulnérabilité et analyser l'impact financier. Bien que des limites subsistent, notamment en matière de qualité et de normalisation des données, elles n'empêchent pas d'agir. En d'autres termes, la disponibilité des outils n'est plus le facteur limitant ; ce qui fait la différence, c'est la capacité à les appliquer de manière cohérente.
Élargir les approches établies
Les travaux du NGFS s’appuient sur des approches développées pour les risques climatiques. Les facteurs environnementaux peuvent être évalués à travers des catégories de risques financiers établies, notamment les risques de crédit, de marché et opérationnels. Cela permet aux institutions d’étendre les méthodologies existantes plutôt que d’en développer de nouvelles. Des cadres tels qu’ENCORE (Exploring Natural Capital Opportunities, Risks and Exposure), développé parl’United Nations Environment Programme Finance Initiative (UNEP FI)(2), soutiennent ce processus en cartographiant la manière dont les activités économiques dépendent des écosytèmes et comment ces dépendances entraînent une exposition financière.
Outils facilitant la mise en œuvre
Les documents du NGFS d’avril 2026 fournissent des orientations pratiques pour soutenir cette transition. Ils comprennent des approches pour exploiter les données et les indicateurs, des avancées dans la conception de scénarios et un cadre de surveillance progressif pour l’évaluation des risques. L’ensemble souligne que l’accent est désormais mis sur la mise en œuvre, soutenue par des outils pouvant déjà être appliqués dans des contextes de surveillance et financiers.
En pratique
L'intégration des facteurs environnementaux dans les cadres de gestion des risques financiers se structure de plus en plus. Les autorités de surveillance commencent à formaliser la manière dont ces risques sont évalués, en s'appuyant sur les cadres climatiques existants et en les étendant à des facteurs environnementaux plus larges. Cela implique d'identifier les expositions, de définir les attentes et d'intégrer les risques dans les outils de surveillance. Pour les professionnels de la finance, cela met l'accent sur l'exécution. L'évaluation des risques nécessite d'identifier les expositions, de comprendre les canaux de transmission et de les traduire en indicateurs financiers.
Conclusion
Les récentes orientations du NGFS montrent une évolution claire. La question n’est pas de savoir si des outils existent, mais comment ils sont appliqués dans la pratique. La capacité à traduire les facteurs environnementaux en exposition financière, en impact sur l’évaluation et en indicateurs de risque devient une compétence distinctive.
Le programme EFFAS Certified Climate Risk Analyst (ECRA) se concentre sur ces fondements, en donnant aux professionnels de la finance les moyens d’appliquer ces méthodologies dans un paysage de risques en constante évolution.
En savoir plus sur l’ECRA, la certification européenne d’analyse des risques climatiques appliqués à la finance, créée par l’EFFAS et proposée en France par l’Académie SFAF.
Article initialement publié le 16 avril 2026 en anglais par l’EFFAS et disponible via ce lien.
(1) Le Réseau pour le verdissement du système financier, plus connu sous le nom de Network for Greening the Financial System (ou NGFS) est un réseau de 114 banques centrales et superviseurs financiers, qui s'est constitué pour accélérer le développement de finance verte et à produire des recommandations sur le rôle des banques centrales face au changement climatique. Le NGFS a été créé en 2017 et son secrétariat est hébergé par la Banque de France. (source : Wikipédia)
(2) L’Initiative financière du Programme des Nations unies pour l’environnement est un partenariat public-privé établi par le Programme des Nations unies pour l'environnement et le secteur financier. (source : Wikipedia)