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Nouveau virage pour le secteur automobile

C’est le grand chambardement pour le secteur automobile ! Qui aurait pu imaginer, il y a un an, l’ensemble des rebondissements qui affecteraient les constructeurs et les équipementiers ? Cette industrie est sous les feux de la rampe. Alors que les sociétés européennes vivent un ralentissement structurel entraînant une consolidation – l’exemple le plus récent étant le mariage PSA-Fiat Chrysler – et les incertitudes liées au Brexit, les entreprises américaines semblaient avoir mieux résisté en 2019, grâce à une dynamique plus positive de leur marché domestique.

Mais, du fait de la forte intégration des chaînes de valeur mondiales et des événements sanitaires récents affectant toutes les économies en partant de la Chine, ces sociétés vivent, en ce premier trimestre 2020, sous la menace des conséquences économiques et financières encore méconnues du Covid-19. La Chine étant devenue l’épicentre de l’activité automobile en quelques années, les résultats financiers des constructeurs subiront à la fois l’arrêt des usines de fabrication des composants – qui affectera les ventes de véhicules, y compris hors Chine – et la baisse du niveau des ventes de véhicules en Chine.

Ces considérations conjoncturelles s’ajoutent aux mutations structurelles qui imposent aux sociétés de prendre un virage inédit : l’heure est à la voiture propre, aux Digital Cockpit, à la mobilité, au développement de l’utilisation de l’hydrogène prôné par l’Hydrogen Council, à l’évolution des modes d’usage par les consommateurs… Autant de changements représentés par les acronymes ACES (Autonomous, Connected, Electric & Shared) ou CASE (Connected, Autonomous, Shared and Electrified).

Courant février dernier, les capitalisations boursières étonnantes reflétaient bien les incertitudes : celle de Renault, qui a vendu 3,75 millions de véhicules en 2019, était de 13 milliards d’euros ; celle de General Motors se situait à 48 milliards de dollars, quand celle de Volkswagen était de 78 milliards d’euros. Or, Tesla, qui a vendu quelque 368 000 véhicules électriques en 2019, affichait une capitalisation de plus de 166 milliards de dollars (1) On comprend clairement pourquoi ce secteur, qui reflète les vulnérabilités actuelles de l’économie mondiale, est source d’intérêt pour nombre d’entreprises et agents économiques.

Dossier coordonné par Ludovic Fava et Michèle Hénaff

(1) Cours de bourse de 917 $ par action à la clôture du 19 février 2020, avant le décrochage boursier.

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