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Ville intelligente : la déployer, la financer, la gouverner

L’approche de la ville du futur est multiple et sa définition suit les intérêts propres des acteurs comme en témoignent les expressions, plus ou moins stables dans le temps, utilisées pour évoquer le nouveau modèle urbain : la « ville intelligente », en lieu et place de smart city, pour ceux pour ceux refusant les anglicismes, la ville durable pour les groupes industriels œuvrant dans les secteurs de l’énergie, de l’environnement et des services urbains, ou encore la ville servicielle qui place le citoyen au cœur des infrastructures et des services déployés.

Sur les cinq continents, la compétition est rude et tout le monde veut une smart city, ce que Luc Belot nomme des « territoires d’intelligence[s] ». Aujourd’hui en France, 60 % des villes françaises auraient un plan stratégique smart city. Ce constat va de pair avec le contexte mondial bien connu : l’ONU comme l’OCDE annoncent une explosion démographique et urbaine, avec 70 % de la population vivant en ville en 2050. Sur le plan financier, le marché mondial est estimé entre 400 et 1 600 Md$ à l’horizon 2020.

Tous les champs de la vie urbaine sont concernés par cette mutation qui s’appuie sur les potentialités de la révolution numérique, celles des objets connectés et de la data au service des politiques publiques.

Pour les collectivités locales, portées à jouer un rôle de pilote, les problématiques sont complexes, à commencer par celle du financement qui fait appel à un cadre juridique et administratif inadapté. Ce changement d’approche pose aussi la question de la transversalité du déploiement de la ville intelligente et d’une indispensable agilité fondée sur de nouvelles compétences multisectorielles ; en d’autres termes le fonctionnement en silos et les juxtapositions d’innovations sont largement remis en cause. Mais le déploiement de la ville intelligente s’accompagne aussi d’une transformation profonde de la relation entre la ville et les citoyens. Comme l’explique notamment l’expert Carlos Moreno, le modèle user centric cède sa place au citizen centric, ce qui bouleverse l’approche de la gouvernance de la ville.

Face à l’ampleur du sujet, le dossier proposé ici, composé de 16 articles, vise un objectif modeste au regard des enjeux : fournir un éclairage sur ces évolutions qui s’accompagnent inéluctablement d’une remise en cause des modes de financement (fundings). En s’interrogeant sur la ville intelligente, on rejoint également d’autres grandes thématiques d’actualité pour l’univers financier : l’émergence du citoyen dans les circuits financiers dans un contexte
de rareté des fonds publics et l’intervention grandissante des start-up dans l’économie. Si la période charnière est déjà sensible, le plus important reste à venir.

Dossier réalisé par Michèle Hénaff et Anne Bechet

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