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Luxembourg, la finance se réinvente

Traditionnellement connu pour sa discrétion, le Luxembourg est tout particulièrement regardé par les autres places financières depuis l’annonce du Brexit qui suscite bien des interrogations économiques comme des questions majeures sur le positionnement des différentes places financières en Europe.

Le Grand-Duché a fait preuve d’une bonne résilience face à la crise de 2008 et ses conséquences, avec notamment + 31 % de PIB depuis 2005, une croissance de + 4,8 % en 2015 avec des prévisions de + 3 % pour 2016 et – ce qui peut susciter bien des envies aujourd’hui – une hausse de l’emploi de 31 % entre 2005 et 2015. Quant au secteur financier (28 % de la valeur ajoutée totale du PIB), il recouvre le premier centre de distribution de fonds au monde et premier centre de banque privée en Europe.

Comme le montrent les articles de ce dossier, le Luxembourg est vu comme une plate-forme de choix pour les banques, assureurs et gestionnaires de fonds venant du monde entier afin d’y établir leurs opérations européennes. Au fil du temps, de nombreux groupes bancaires y ont implanté leur centre de compétence de banque privée pour leur clientèle internationale. Fin 2015, 143 banques y étaient présentes et l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement dénombrait près de 3 900 fonds d’investissement. Y sont également installées une centaine de sociétés d’assurance directes et plus de 200 entreprises de réassurance. Et le dernier classement GFCI(1) fait état d’une progression de la Bourse du Luxembourg qui se place désormais au 12e rang, en deuxième place dans l’UE et loin devant Paris.

Pourtant, ces dernières années, le Grand-Duché a dû, lui aussi, se plier aux réglementations européennes et opérer des changements sur le plan fiscal comme dans le domaine des échanges d’informations bancaires. On constate également, depuis la crise, une divergence d’évolution entre l’intermédiation bancaire qui s’inscrit en baisse et les autres composantes (auxiliaires financiers) en progression.

L’équilibre de la place financière du Luxembourg serait-il menacé pour autant ?
Rien n’est moins sûr. Le Luxembourg semble se préparer à une « troisième révolution industrielle », marquée par la digitalisation et l’internationalisation, après les précédentes : celle de l’industrie sidérurgique des années soixante-dix et celle de la finance dans les années quatre-vingt.

Dans ce contexte, une des forces du pays pourrait résider dans la mobilisation générale des acteurs luxembourgeois et leur capacité légendaire de concertation. La publication du rapport stratégique attendu annoncé pour cet automne est à surveiller. Car il devrait apporter des informations utiles sur les objectifs économiques du pays et ses ambitions sur le plan financier.

Michèle Hénaff, rédactrice en chef
de la revue Analyse financière

(1) Classement Global Financial Centres Index (GFCI) Z/Yen Group.

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