Les « Nouvelles Routes de la Soie »
De l’économique au financier

À l’heure du bouclage de cette édition, Emmanuel Macron, Président de la République française, se rend en Chine, accompagné d’une cinquantaine d’entreprises françaises, pour y rencontrer Xi Jinping, reconduit à la tête du parti communiste chinois lors du XIXe congrès du PCC d’octobre 2017. Alors que se déploie le projet chinois One Belt, One Road (OBOR), « les Nouvelles Routes de la Soie offrent des perspectives à la croissance mondiale », explique ici Jean-Pierre Raffarin, ex- premier ministre. Ce projet d’envergure exceptionnelle (1 000 milliards de dollars d’investissement – lire l’article de Christian Vicenty de la DGE) montre clairement la volonté de la Chine d’asseoir son influence, tant économique que géostratégique, face aux quatre grands acteurs mondiaux que sont les États-Unis, l’Inde, la Russie et l’Europe.
Un proverbe chinois ne dit-il pas : « Pour faire fortune, il faut d’abord construire une route » ?

Or, l’internationalisation de la Chine constitue aussi une nouvelle donne pour la finance mondiale (lire l’article de Paris Europlace). La Chine se situe déjà à la deuxième place mondiale en termes de capitalisation. Mi-2017, quelque 5 300 sociétés chinoises étaient cotées contre 5 215 à New-York, 2 485 à Londres et 1 278 sur Euronext[1]. Ainsi, bien que les places boursières chinoises, Shenzhen et Shanghai, soient encore peu développées et relativement complexes (lire l’article d’Éva Balligand), la Chine est en passe de franchir d’importantes étapes vers l’ouverture de son marché financier. Sur la partie obligataire, accessible aux investisseurs institutionnels étrangers depuis 2016, le pays se positionne au 3e rang mondial (9 000 milliards d’USD). De plus, en ambitionnant de positionner la monnaie comme une troisième devise de référence, les dirigeants affichent leur volonté de faire reconnaître mondialement l’importance de leur économie.

Pour mener à bien leur projet One Belt, One Road, comme le programme Made in China 2025[2], les autorités chinoises ont entamé un vaste plan de réformes financières (création de la NDB BRICS et de l’AIIB[3], création du fonds de la Route de la Soie et du fonds de coopération sud-sud pour le climat, mise en place par la PBoC4 de la Green Finance Task Force qui favorise notamment les émissions de Green Bonds…) et d’autres changements substantiels sont attendus pour les prochaines années, comme autoriser les investisseurs étrangers à détenir une part majoritaire dans les institutions financières du pays, contre 20 % actuellement pour les banques.
Au-delà de la libéralisation financière de la Chine, ne doit-on pas d’ores et déjà percevoir la réorganisation de la finance mondiale ?

Dossier réalisé par Michèle Hénaff,
rédactrice en chef de la revue Analyse financière

(1) Source : Forbes.
(2) Programme qui vise à transformer le pays en leader industriel mondial à l’horizon 2049, date du centième anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.
(3) New Development Bank BRICS et Asian Infrastructure Investment Bank.
(4) PBoC : People’s Bank of China.

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