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Les nouvelles frontières de l’analyse financière

Quel sera l’avenir pour les analystes financiers ?
Il y a quelques mois, la SFAF a lancé l’initiative MiFIDVision pour connaître les impacts de la réglementation MiFID 2 sur les professions d’analystes financiers, les sociétés de gestion, les brokers et les émetteurs, représentés en première ligne par les Investor Relations.

À cette occasion, une photographie de la population des analystes financiers a été réalisée et est présentée dans ce dossier (voir p. 19). Si nul ne peut contester que la réglementation transformera en profondeur le monde de la recherche, d’autres facteurs expliquent les évolutions actuelles. Comme le constatent ici les représentants de Neoma BS (voir p. 16), la finance 4.0 est bien en marche ; elle se situe à une bifurcation inéluctable, sous l’impulsion des avancées technologiques, sous l’effet de l’émergence de la blockchain, de l’intelligence artificielle et d’une digitalisation parfois effrénée.

Faudrait-il alors céder au pessimisme et inciter les analystes financiers à regarder systématiquement vers d’autres horizons professionnels ? Pour certains, ce sera une voie à retenir mais, pour un grand nombre, tout l’enjeu sera de dépasser les modèles de gestion automatisée de données et de créer de la valeur grâce au capital intellectuel.

« Il existe un réel potentiel de valorisation pour des analyses de convictions et déconnectées du bruit quantitatif et des fake news […]. La présence humaine s’exprimera dans les derniers mètres », exprime ici Jean-François Bay, directeur général de Quantalys (p. 25). Autrement dit, il sera demandé aux professionnels de la recherche de continuer à acquérir les indispensables hard skills, tout en valorisant des soft skills comme la créativité, le leadership… Les qualités humaines compléteraient les capacités des machines et des robots.

Ce raisonnement va d’ailleurs dans le sens de la demande d’un nombre croissant d’investisseurs qui accordent désormais une réelle attention aux critères extra-financiers, c’est-à-dire à l’élargissement des périmètres d’étude. Et comme cela est écrit dans ce dossier (voir les articles des commissions de la SFAF, Analyse extra-financière p. 32 et Finance comportementale p. 35), cette évolution accompagne également la voie empruntée par certains chercheurs et praticiens en finance qui remettent en cause un comportement dit rationnel pour se tourner vers une finance plus comportementale.

Michèle Hénaff,
rédactrice en chef de la revue Analyse financière

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