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Brexit : de l’île de la tentation à la tentation d’une île

Sommaire de l’édition 65

En dépit d’un terrain mouvant, la revue Analyse financière a choisi de traiter le thème du Brexit, ou plutôt des pièces du puzzle du Brexit, en couvrant une large gamme d’activités du champ économique et d’intervenants. Les conséquences de ce choix de nos amis britanniques restent complexes à analyser, qu’il s’agisse des filières industrielles classiques, de l’armement ou des services financiers. Il n’en reste pas moins que les places financières de l’Europe hors Grande-Bretagne (parfois dénommées continentales, mais ce qui ne permet pas d’y associer Dublin) vont accueillir une partie des activités qui sont aujourd’hui exercées sur les bords de la Tamise.

Paris fait partie des bénéficiaires de ces mouvements, comme Francfort, Dublin ou Amsterdam et la Société française des Analystes financiers (SFAF) souhaite accompagner le dynamisme de la place. Pour avancer dans cette voie, l’association a lancé au cours de l’année 2017, une série d’initiatives pour cela, avec la mise en place :
• d’une commission Crédit qui regroupe les acteurs et permet aux investisseurs sur cette classe d’actifs de bénéficier d’un meilleur accès à l’information, d’une représentation de la profession et d’un développement de standards communs d’analyse ;
• d’une commission des Émetteurs qui a pour objet d’être un “club” où les différentes parties prenantes du dialogue entre investisseurs et émetteurs (Afep, AFTE, Cliff, Middlenext) se retrouvent pour favoriser l’émergence de solutions communes et de bonnes pratiques. D’autres initiatives suivront la conférence sur l’impact de la norme sur le leasing (IFRS 16) sur la communication et l’analyse de la performance financière qui a fait le plein de l’auditorium de Gécina en juin 2017[1].
• d’un groupe de travail Afrique qui vise à faire partager différentes initiatives dirigées vers le continent et à les soutenir et les prolonger, comme nous l’avons fait, par exemple, pour l’université des banquiers africains francophones en juillet dernier, en soutien de notre intérêt au développement des formations en finance tant au Maghreb qu’en Afrique sub-saharienne.

Nous l’avons déjà écrit : nous sommes aussi persuadés que la Place de Paris doit renforcer ses capacités et ses modèles dans la gestion d’actifs avec des expertises notables dans l’intelligence des données et des systèmes[2]. La SFAF souhaite notamment développer l’analyse extra-financière au service des gestions classiques (certificat ESG) et, au-delà de ses frontières actuelles, porter l’analyse vers les sociétés non cotées et les jeunes pousses.

En attendant nous nous fixons un agenda volontaire, mais prudent, car nous savons désormais que Brexit means Brexit. Rassurant, n’est-il pas ?

Jean-Baptiste Bellon
Président de la SFAF

(1) À lire dans cette édition n° 65 : « IFRS 16 ou l’EBITDA dans tous ses états » ; p. 12.
(2) À lire le dossier « Gestion d’actifs, des humains et des robots » ; la revue Analyse financière n° 63 (avril-juin 2017).

> Lire l’introduction du dossier « Brexit, voir au-dessus du brouillard »
> Lire l’introduction du focus métiers « La communication financière – Entre réglementation et technologie »

Éditorial Analyse financière n°64 – Juillet 2017

Un faux, un fort, informations
Débat autour de l’information financière

Sommaire de l’édition 64

Enfin des bonnes nouvelles : sur les marchés financiers, nous sommes passés en quelques années – la crise aidant – d’un déficit abyssal à un joyeux excédent. Quelle industrie, quelle organisation ne s’en réjouirait pas ! Mais hélas il ne s’agit que de la quantité d’information rendue disponible aux investisseurs.

La crise a eu un rôle certain dans ce phénomène en venant s’ajouter à deux tendances de fond :
• La mise en place du marché européen des capitaux tel que défini par l’Europe en mars 2000 au sommet de Lisbonne, qui a donné naissance à la directive Transparence intégrée aux textes français début 2007. C’était un des premiers pas européens en la matière ; depuis les textes ont défilé au pas de course puisque, sur cette période, pas moins de dix directives ou règlements ont suivi, dont le dernier en date sur les abus de marché Market Abuse Regulation fait encore couler de l’encre. La SFAF participera d’ailleurs au sein de l’Observatoire de la communication financière (OCF) à un atelier sur ce dernier sujet lors des journées de Paris Europlace le 11 juillet prochain.
• L’irruption de moyens et de modes de communication toujours plus nombreux qui produisent une information abondante s’abattant chaque matin régulièrement comme la manne céleste.

Autant le premier volet est défini et millimétré, bref structuré, autant la deuxième source d’informations est déstructurée, ce qui pose la question même de sa qualité (fake news) et ouvre des champs étendus aux outils d’intelligence artificielle.

L’Institut Messine(1) nous avait alertés en son temps sur les dangers de cette inflation d’information, pour éviter que l’investisseur averti ne tombe de Charybde en Scylla. Mais que dire de la situation de l’investisseur individuel pour qui information trop abondante est aride.

Le dossier Métier consacré ici aux évolutions de la « Communication Financières vers les investisseurs individuels(2) » fait le point sur ce sujet. Il est complété par un article sur les enjeux du règlement général sur la protection des données(3) qui va bouleverser les relations entre les établissements financiers, les entreprises et leurs clients.

Cette inflation touche tous les domaines, qu’il s’agisse de l’information comptable – il a fallu que l’IASB remette sur l’établi la norme IFRS 7 sur les risques des instruments financiers – ou de l’information réglementaire – Grenelle 2 et le rapport du président par exemple – en passant par les demandes des autorités de marché, l’introduction des documents sous XBRL étant prévue pour 2020. Toutefois, une solution semble pouvoir s’esquisser autour du rapport intégré soutenu par Richard Howitt, président de l’International Integrated Reporting Council(4), qui souligne l’accueil plus positif réservé par les émetteurs français.

Le travail des analystes au service des gérants et des investisseurs devait en être facilité et l’intelligence humaine délivrerait dès lors une information privilégiée car élaborée avec soin à partir des meilleurs ingrédients. Las, la commission des sanctions de l’AMF vient de jeter un pavé dans notre mare de par les attendus qui l’ont conduite à confirmer qu’une analyse financière n’était pas une information privilégiée (décision n° 7 du 29 mai 2017 à l’encontre de Monsieur A.). Nous devrions en reparler rapidement.

Jean-Baptiste Bellon
Président de la SFAF

(1) institutmessine.fr
(2) Un second volet, consacré aux investisseurs institutionnels, sera publié dans l’édition suivante n° 65 (octobre-décembre 2017) : voir le calendrier rédactionnel.
(3) RGPD. A ce sujet, voir l’article « Règlement sur la protection des données personnelles – Enjeux et opportunités pour le secteur bancaire et financier » de Jean-Christophe Laroppe, avocat spécialisé en droit financier et en droit du numérique.
(4) En février 2017, Richard Howitt s’est exprimé à ce sujet dernier dans les locaux de la SFAF.

> Lire l’introduction du dossier « Ville intelligente : la déployer, la financer, la gouverner »
> Lire l’introduction du focus métiers « Actionnariat individuel, le défi du rajeunissement »

Éditorial Analyse financière n°62 – Janvier 2017

Choc sismique pour la recherche financière

Sommaire de l’édition 62

Inducement ? Ce mot fait désormais partie du sabir de la sphère financière hexagonale depuis fin 2014 quand, au détour d’une page parmi les 800 d’un draft de l’ESMA (European Securities and Markets Authority), notre profession a découvert qu’un monde ancien allait se terminer.
Déni, plaidoyers, concertations, lobbying, rien n’y fit. Deux ans plus tard, la révolution est pour janvier 2018, avec 2017 comme galop d’essai. Selon cette fameuse page, la recherche financière, quelle qu’elle soit, ne saurait être gratuite si elle a une quelconque valeur ajoutée. Autrement, il s’agit d’inducement (incitation). Sa distribution aux sociétés de gestion sans plus d’encadrement est alors contraire aux meilleurs intérêts des épargnants. La recherche, toute la recherche, doit donc être explicitement payée comme n’importe quel service, avec un prix connu d’avance et contractualisé et non ex post selon le bon vouloir d’un utilisateur alors juge et partie. Voilà pour le choc sismique.

La SFAF a activement participé aux échanges accompagnant ce bouleversement(1). Elle a pu le faire parce que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a souhaité une large participation de la Place. Il faut s’en féliciter, comme il faut se féliciter d’avoir trouvé au sein de ses services une capacité d’écoute sensiblement moins doctrinaire que celle de sa consœur britannique, la Financial Conduct Authority (FCA).

Inévitablement les challenges restent devant : difficultés pratiques pour intégrer la recherche crédit (fixed income), évolution de l’offre de recherche et de ses canaux de distribution, discussions difficiles entre univers buy side et sell side ayant à objectiver un prix. De cette révolution « prix » émergera probablement une recherche innovante, allant des algorithmes sur des images satellites à des automates de sélections de valeur. C’est Schumpetérien et salutaire.

Dans cette nouvelle phase, notre association poursuivra encore et toujours le dialogue avec ses contreparties de Place que sont les autres associations de la sphère financière, les autorités, les opérateurs de marché. Cette concertation doit aussi s’élargir à l’Europe car le terrain est devenu celui de Bruxelles et de Londres, autant que celui
de Paris. La SFAF, partie prenante de l’European Federation of Financial Analysts Societies (EFFAS), notre fédération européenne, continuera d’investir ses ressources pour accompagner les professionnels au travers des évolutions des métiers de la finance.

Pierre-Yves Gauthier
Vice-président de la SFAF
(fin de mandat avec l’AG du 28 novembre 2016)

(1) Lire aussi à ce sujet l’article de François Digard, administrateur de la SFAF, dans l’édition n° 60 : « Le monde nouveau de la recherche financière ».

> Lire l’introduction du dossier « Gestion des risques, trouver le bon équilibre »

> Lire l’introduction du focus métiers « MIF2, quels impacts pour la recherche financière ? »

 

Éditorial Analyse financière n°63 – Avril 2017

L’Europe de la finance doit retrouver un esprit audacieux

Sommaire de l’édition 63

La finance en Europe avance à grands pas… vers l’inconnu, car si l’union bancaire poursuit sa lente construction en installant progressivement supervision, mécanismes de résolution et fonds de garantie à l’échelle européenne, le plan d’union des marchés de capitaux (CMU) a, quant à lui, perdu son capitaine (J. Hill) mais surtout son cap.
Il devait être le plan de marche de la finance post-crise pour mettre les marchés au service de la croissance et prendre le relais des banques. Son abandon à la suite du Brexit relance les interrogations sur la construction d’un marché financier européen.

Dans l’immédiat, cela n’a pas d’impact sur l’agenda des réformes des marchés qui demeure particulièrement chargé avec la préparation de l’application des nouveaux textes comme MAR (Market Abuse Regulation) ou Prospectus et, surtout, celle de MIF2 dès janvier 2018(1).

Mais à moyen terme, le vote en faveur du Brexit a changé la donne et a rendu les prévisions particulièrement hasardeuses. Le seul point fixe est que la place de Londres sera moins importante pour le marché européen. La sortie de l’Union va réduire son poids, qui varie aujourd’hui de 90 % à 30 % des activités financières en Europe, car la nature des liens va changer et les acteurs implantés à Londres vont devoir redéfinir leurs stratégies. C’est le cas des grandes banques d’investissement – dont les américaines – qui emploient plus de 70 000 personnes à Londres, des assureurs mais aussi des sociétés de gestion de fonds. L’échec probable de la fusion entre le London Stock Exchange et la Deutsche Börse rend aussi le devenir de la place de Londres plus difficile à prévoir.

La force de la place de Londres repose sur son écosystème mais aussi sur l’importance des capitaux gérés, notamment par les gestionnaires d’actifs avec plus de 6Tn£, soit 15 % de l’épargne mondiale gérée, dont environ 20 % pour des clients européens non britanniques(2). La perte du passeport européen et son remplacement par des systèmes à définir ouvrent un labyrinthe d’options qui vont devoir être étudiées.

L’industrie de la gestion d’actif, qui doit déjà intégrer une transition digitale et une transformation réglementaire, devient dès lors l’objet de nombreuses attentions et contributions d’experts. C’est l’objet même du dossier thématique de cette édition de la revue. Nous espérons que, comme Thésée, vous y trouverez le fil d’Ariane et que vous pourrez sortir du labyrinthe pour rejoindre les rivages paisibles où était apparue à Zeus, la ravissante Europe.

Jean-Baptiste Bellon
Président de la SFAF
(le 27 mars 2017)

(1) Voir à ce sujet la revue Analyse financière n°62, page 49 à 60.
(2) Source : The Investment Association.

> Lire l’introduction du dossier « Gestion d’actifs, des humains et des robots »

2016

 

Éditorial Analyse financière n°61 – Octobre 2016

Match MIF contre CMU : 2 -1, Bâle au centre

Sommaire de l’édition 61

Le conseil de la SFAF a présenté, dans les éditions précédentes de la revue Analyse financière, les impacts des textes réglementaires et les changements en vue pour nos métiers de recherche, de gestion, d’investissement et d’intermédiation.

L’élaboration de l’Europe des services d’investissement (directive Investment Services Directive) a commencé en 1993. Ce fut une course d’obstacles qui s’est transformée en course de fond, avec l’ambition de créer les règles communes des marchés financiers, tant en termes de transparence que d’intégrité sur un ensemble à chaque fois plus large d’instruments financiers.

Nombre d’observateurs ont souligné le caractère éprouvant des étapes les plus récentes. En effet, les règles et les textes ont été conçus au milieu des années 2000 par beau temps, pour MIF-1 (adoption en avril 2004) comme pour Bâle 2 (publication des textes en juin 2004). Mais ils sont entrés en vigueur pratiquement au moment même où survenait la crise financière (novembre 2007 pour MIF-1 et janvier 2008 pour Bâle 2). Sous une pluie battante qui annonçait l’orage et la tourmente, ils ont assez vite perdu une large part de leur allant. Et ils demeurent toujours soumis au feu de la critique.

La refonte de ces règles pendant la crise financière a entraîné un zèle réglementaire de grande ampleur et tous les sujets ont été abordés, parfois de manière contradictoire. L’objectif de l’Union des marchés de capitaux (CMU) est de refixer des priorités et des objectifs tout en redonnant de la cohérence au collectif européen. C’est pourquoi quasiment 10 ans après l’irruption de la crise, les professionnels de l’investissement sont consultés sur de nombreux textes dont ceux relatifs à l’application de MIF-2 (pour une application en 2018). Le recul relatif du rôle des banques vis-à-vis des marchés est écrit, ce qui donne un plus grand rôle et une plus grande responsabilité aux marchés financiers en Europe.

Or, l’Europe des marchés est multiple, certes dominée par la place de Londres, mais les autres, dont celle de Paris, ont des potentiels importants. Le thème de ce numéro est d’ailleurs une plongée dans l’organisation d’une autre place financière, celle de Luxembourg qui, à l’instar des autres Places européennes, souhaite devenir le nouveau centre financier de l’Union européenne… Ce dossier analyse les raisons du succès de la finance luxembourgeoise et sa préparation pour les années à venir.
À nous de savoir lire les leçons.

Jean-Baptiste Bellon
Président de la SFAF

> Lire l’introduction du dossier « Luxembourg, la finance se réinvente »

> Lire l’introduction du focus métiers « Remettre l’ISR en perspective »

 

Éditorial Analyse financière n°59 – Avril 2016

Analytika : l’embellie de l’analyse

Sommaire de l’édition 59

Les entreprises, notamment les PME, sont au centre de la vie économique. Elles créent de la richesse et des emplois et leur financement en capital et en dette est une clef de notre système financier. C’est une évidence mais, derrière la lapalissade, apparaît le chantier des nouveaux modes d’intermédiation dont les plans ont été dessinés par les pouvoirs publics et les régulateurs.

Les financements directs et les financements de marché prennent plus d’importance ; dans cette nouvelle architecture, l’information sur la qualité des entreprises doit s’adapter à de nouveaux canaux et les acteurs de la finance doivent suivre de nouvelles conduites.

L’analyse financière est évidemment concernée par ces évolutions et le pôle Finance Innovation, en association avec la SFAF, a lancé sur ce sujet un groupe de travail de Place nommé « Analytika ». Sa mission étant de faire apparaître des nouveaux modèles économiques de l’analyse financière, le groupe a rencontré une centaine de parties prenantes (investisseurs, entreprises, intermédiaires, conseil…) et publiera, d’ici l’été 2016, des recommandations en ce sens.

La SFAF fait, depuis de nombreuses années, le constat du déclin de l’analyse sur la Place de Paris et des difficultés d’adaptations des « fournisseurs » d’analyse actions aux modèles souhaités par les autorités européennes (MIF 2).

Paradoxalement, les évolutions en cours font apparaître une forte demande d’analyse sur les PME, mais à des coûts en forte baisse pour viser des émissions et des sociétés de plus petite taille. C’est aujourd’hui possible en réduisant le coût d’accès aux données grâce aux fintech. Mais un processus de simplification de la vie des PME s’impose pour la diffusion de l’information. Il faut créer des espaces d’échange différenciés entre le tout public et le tout privé et, pour cela, mettre en place des systèmes sécurisés d’échange de données entre les entreprises, les investisseurs et leurs conseils.

Il est souhaitable d’avoir des réseaux et des places de marché de l’analyse financière, à la fois pour fournir un premier niveau d’analyse, plutôt quantitatif, centré sur le big data et pour pouvoir, dans un deuxième temps, asseoir une analyse à valeur ajoutée devant qui doit incorporer une large part d’éléments « non financiers » dont ceux relatifs à l’ESG.

La SFAF, acteur de Place, se mobilise et fait entendre sa voix pour définir les nouveaux modèles avec l’objectif d’aider au financement de l’économie.

Jean-Baptiste Bellon
Président de la SFAF

> Lire l’introduction du dossier « Aéronautique et spatial, innover et consolider »

> Lire l’introduction du focus métiers « Les évolutions du marché obligataire »

 

Éditorial Analyse financière n°60 – Juillet 2016

Analyse financière, des outils et des modèles

Sommaire de l’édition 60

Nul ne peut contester aujourd’hui le déclin de l’analyse financière traditionnelle (sell-side) sur la Place de Paris et les difficultés d’adaptation des fournisseurs d’analyse actions aux modèles souhaités par les autorités européennes en lien avec la mise en place de MIF 2. Comme l’écrit François Digard, administrateur de la SFAF, dans cette édition : « Même si les effets des nouvelles obligations sont encore difficiles à mesurer, la communauté financière s’attend à une baisse de la valeur de la recherche financière ».

Le sujet a déjà été évoqué dans la revue Analyse financière, qui a fait état des travaux du groupe de travail de Place Analytika dont la mission vise à proposer des modèles économiques différents de ceux des dernières années en considérant, d’une part, les nouveaux modes d’intermédiation (financement direct et financement de marché) et, d’autre part, la présence d’acteurs émergents dans le domaine de la diffusion et du traitement de données financières et extra-financières.

Ces évolutions interviennent parallèlement aux réflexions touchant les modèles d’évaluation, mis à mal depuis la crise financière et sur lesquels reposent les décisions d’investissement. Pour réfléchir sur la recherche en finance, nous nous sommes rapprochés des chercheurs et enseignants du Mastère Analyse Financière International de NEOMA Business School, entrée en juin dernier dans le classement « Global Masters In Finance programme » 2016 du Financial Times. Associés pour cette occasion à des professionnels de la finance, les représentants du monde académique écrivent sur des thèmes d’actualité avec l’objectif de lancer des pistes de réflexions, de montrer la nécessité de combler le fossé entre théorie et pratique et de parvenir à rapprocher monde académique et praticiens.
Et parce qu’il est toujours bon de retrouver ses racines, nous avons demandé à Didier Coutton, professeur au sein du groupe INSEEC et auteur de la première traduction en français de la bible Security Analysis de Graham et Dodd (1934) – ouvrage publié en langue anglaise à plus d’un million d’exemplaires dans le monde – de nous remémorer certaines recherches soulignant déjà à l’époque la nécessité d’utiliser des modèles prescriptifs réconciliant la finance classique et la finance comportementale (rubrique Techniques et Recherche).

Pour apporter sa pierre à l’édifice et accompagner de nécessaires évolutions, la revue Analyse financière de la SFAF publiera régulièrement, dans ses prochaines éditions, des articles et dossiers sur la recherche en finance.

Michèle Hénaff
Rédactrice en chef de La revue Analyse financière

> Lire l’introduction du dossier « Repenser la recherche en finance, des pistes de réflexion »

> Lire l’introduction du focus métiers « Family office, garantir la pérennité du patrimoine familial »

 

Éditorial Analyse financière n°58 - Janvier 2016

Réglementation et innovation : de (vrais) sujets pour les BFI

Sommaire de l’édition 58

Beaucoup de choses ont été dites et écrites ces derniers mois au sujet de l’innovation dans les banques de détail, mais encore peu d’informations circulent sur les évolutions prévisibles dans les banques de financement et d’investissement.

Pour traiter ce sujet, la revue Analyse financière s’est rapprochée de la revue Banque & Stratégie du groupe Revue Banque avec l’objectif de recueillir plusieurs témoignages d’acteurs du secteur qui se montrent parfois réticents à communiquer. Pour ce dossier, la rédaction de votre revue a également sollicité des représentants de cabinet de conseil et des experts en technologie qui livrent leur perception des impacts des nouvelles réglementations et des innovations technologiques pour ces activités de financement et d’investissement.

À un moment où les marchés prennent davantage de place dans l’intermédiation bancaire, que l’on ne peut qu’espérer une demande accrue de financement de la part des entreprises – signe de confiance dans l’économie – et que les investisseurs s’interrogent sur le couple risque/performance, l’avenir des BFI suscite bien des interrogations auxquelles les articles publiés dans cette édition apportent des éclairages.

En ce début d’année 2016, nous avons jugé important de rappeler également les travaux et les actions menés par la SFAF en 2015 qui se poursuivront dans les prochains mois. Directive MIF II, évaluation des connaissances et de la compétence des professionnels qui traitent des instruments financiers, des services financiers et des services connexes, union des marchés des capitaux, financement de la recherche, investissement socialement responsable, communication financière des sociétés cotées, titrisation, directive Prospectus… Les actualités ne manquent pas dans les domaines d’activités des professionnels de la finance ! Nous continuerons donc à vous informer au mieux de ces évolutions dont les conséquences sont importantes pour les métiers financiers.

En ce mois de janvier, le conseil d’administration de la SFAF et l’équipe de l’association se joignent à la rédaction pour souhaiter à tous les lecteurs une belle année 2016.

Michèle Hénaff
Rédactrice en chef de La revue Analyse financière

> Lire l’introduction du dossier « Réglementation et innovation, les BFI se réinventent »

> Lire l’introduction du focus métiers « Le Compliance officer, un partenaire stratégique »

 

 2015

 

 

Éditorial Analyse financière n°57 - Octobre 2015

La finance en Afrique, entre complexité et opportunités

Sommaire de l’édition 57

L’Afrique se prend en main comme en témoignent de nombreuses initiatives locales ou régionales. L’Afrique est en train de nous surprendre et nombre de conférences internationales le montrent. La volonté de mieux utiliser et de mieux allouer les ressources aux services des pays africains est le fondement de « l’Agenda 2063, l’Afrique que nous voulons », la vision de moyen terme de l’Union africaine. Les grands groupes internationaux ne s’y trompent pas et prennent pied ou accroissent leur présence sur ce continent, accompagnés d’un cortège d’opérations de fusions et acquisitions. La mise en mouvement semble inarrêtable et inaltérable.

L’Afrique est désormais plébiscitée par les investisseurs : selon une étude d’Havas Horizon[1], 100 % des investisseurs financiers internationaux interrogés se déclarent optimistes sur le potentiel économique du continent. Mais les obstacles sont là sur le chemin, avec la complexité du climat des affaires, les difficultés liées à la dépendance vis-à-vis des matières premières, la faible activité manufacturière, tout cela pesant sur la création d’emplois dans un continent à la démographie particulièrement dynamique.

Or, consolidation de l’environnement économique en Afrique et développement des services financiers sont intimement liés au travers du suivi des processus d’allocation des investissements et des flux financiers et de la canalisation de l’épargne, d’une part, et de la mise en place de services financiers, d’autre part. La SFAF participe à ce mouvement depuis mi-2014 en appuyant le projet de formation de professionnels de l’investissement porté par l’ABEF en Algérie.

À ce stade, du chemin reste à parcourir même si la capitalisation boursière du continent a quasiment décuplé depuis les années quatre-vingt-dix pour atteindre près de 800 milliards de dollars pour les cent premières capitalisations, soit environ 31 % du PIB du continent. Tel est le constat émanant du dossier publié dans cette édition de la revue Analyse financière (pp. 19 à p. 76) qui traite de l’ensemble des rouages et des circuits de la finance en Afrique. Ce dossier a pour objectif de cerner à la fois l’existant et les transformations en cours qui portent des espoirs que nous espérons immarcescibles.

Jean-Baptiste Bellon
Président de la SFAF

[1]Étude Havas Horizons (mars 2015) – Financer la croissance africaine en 2015-2020 : la perception des investisseurs internationaux.

 > Lire l’introduction du dossier « La finance en Afrique, entre complexité et opportunités »

> Lire l’introduction du focus métiers « Fondation actionnaire : un objet économique non identifié ? »

Éditorial Analyse financière n°55 - Avril 2015

Suivre l’actualité, notre mission pour vous aider à anticiper

Sommaire de l’édition 55

Beaucoup a été dit et écrit ces derniers mois sur la Russie. Après le Brésil (n° 50, disponible sur notre site), nous avions en chantier une édition sur la Russie et il était peu envisageable de ne pas aborder ce sujet d’une actualité brûlante dans la revue Analyse financière. Ce numéro est spécial à plus d’un titre, car il doit traiter des fondamentaux de l’économie de ce pays tout en faisant état des interrogations et des incertitudes des investisseurs étrangers et des émetteurs, sans manichéisme et sans a priori idéologique.

Analyste financier, analyste crédit, gérant, CEO, directeur financier, responsable de la communication financière… tous sont concernés par cette phase nouvelle des relations russo-occidentales qui impacte de nombreux secteurs d’activité depuis le printemps 2014 ; certains étant plus touchés que d’autres en raison des effets combinés des sanctions économiques, de l’évolution des prix de l’énergie et des choix de politique monétaire de la Banque centrale de Russie.

Mais le monde vu de Moscou a aussi beaucoup changé ces dernières années. La Russie, située entre l’Occident et l’Orient, s’interroge sur son identité et sur le monde, en regardant notamment vers l’Asie. D’ailleurs, devrait-il en être autrement alors que la plupart des pays, en quête de relais de croissance, redessinent eux aussi leur périmètre économique ?

Ce dossier aborde les multiples facettes et les spécificités de ce que Andreï Gratchev, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, nommait « l’exception russe ». Ces réflexions méritaient d’être prolongées par un dialogue qui prendra place le 7 mai prochain lors d’une conférence co-organisée avec l’Observatoire franco-russe[1].

L’actualité du moment, pour les professionnels de la SFAF et tous les métiers de Corporate finance, c’est aussi l’avenir de la recherche financière. L’avis technique produit par l’ESMA en décembre 2014 risque de bouleverser l’économie de la recherche au détriment des valeurs petites et moyennes insuffisamment suivies. En février, la SFAF a alerté les membres de la commission ECON du Parlement européen[2], ainsi que les acteurs de la Place financière tels que l’AFG, l’AMAFI, le MEDEF, la Direction du Trésor… Leur écoute et leur retour montrent le caractère primordial du sujet pour notre économie. Comment comprendre ces avis de l’ESMA alors que le livre vert Construire l’Europe des marchés de capitaux du 18 février 2015 met l’accent sur les liens entre les investisseurs épargnants et la croissance, notamment celle des PME ?

La SFAF vous tiendra informés des suites de ces discussions, pour anticiper et dessiner le futur de nos métiers.

Jean-Baptiste Bellon
Président de la SFAF

[1] Ce dossier sur la Russie et la conférence sont réalisés en partenariat avec l’Observatoire franco-russe, présidé par Arnaud Dubien. http://obsfr.ru/fr

[2] Voir à ce sujet la page 11 de cette édition et le site www.sfaf.com – Rubrique Actualités

> Lire l’introduction du dossier « La Russie en quête d’une nouvelle identité »

> Lire l’introduction du focus métiers « Économie sociale et solidaire : une nouvelle classe d’actifs ? »

Éditorial Analyse financière n°56 - Juillet 2015

Mai 2015, un printemps réglementaire

Sommaire de l’édition 56

Les marchés prennent plus de place dans l’intermédiation financière et les autorités s’interrogent sur les règles qui encadrent l’information financière. La SFAF, en répondant à plusieurs consultations de la Commission européenne, a souligné le rôle clef de l’analyse financière pour déterminer le couple risque/performance des investissements en actions, en titres de dettes ou en titres structurés. Cette nouvelle configuration du financement de l’économie demande en effet de trouver un nouvel équilibre entre liberté d’engagement et protection apportée par les règles notamment pour les PME.

Nos réponses ont porté sur les thèmes “prospectus”, “titrisation” et “union des marchés de capitaux” et cette édition de la revue Analyse financière consacre un dossier aux acteurs du capital investissement qui accompagnent un nombre croissant de sociétés.

Une amélioration du prospectus est nécessaire pour donner une information pertinente et lisible en oubliant le respect formel des contraintes juridiques, surtout en ce qui concerne la présentation des risques. Le document de base du prospectus représente un support, en quelque sorte atemporel, qui répond aux besoins des professionnels de par sa richesse d’informations.

Des améliorations sont donc possibles pour une meilleure efficacité du document de base tout en offrant un résumé lisible pour les investisseurs individuels.

En ce qui concerne la titrisation, nous rappelons que ce véhicule doit être réservé aux professionnels. Sa technicité ainsi que la variété des produits pouvant être gérés ainsi nécessitent de définir un grand nombre de critères aussi fins que possible, communs à toutes les juridictions, et devant être suivis jusqu’au remboursement, ce qui peut aller à l’encontre d’un objectif de standardisation. Une charte éthique contraignante serait donc utile pour protéger tous les acteurs.

La consultation sur l’UMC nous a permis de revenir sur le sujet de l’analyse financière des PME européennes qui, comme le souligne le rapport préliminaire à la consultation, « sont gage de la croissance européenne ». La SFAF estime que la simplification souhaitée en matière d’information doit reposer sur des critères de matérialité et qu’il n’est pas utile de développer un référentiel comptable IFRS PME

Jean-Baptiste Bellon
Président de la SFAF

> Lire l’introduction du dossier « Le capital investissement, rouage du financement de l’économie »

> Lire l’introduction du focus métiers « L’analyste (financier) crédit, un analyste financier avant tout »

Éditorial Analyse financière n°54 - Janvier 2015

Acteur de la finance

Sommaire de l’édition 54

En ce début d’année 2015, la SFAF est bien présente sur la place financière de Paris, grâce à l’action de son conseil, à la participation de ses membres au sein de nombreuses commissions, réunions et actions communes et grâce aux efforts de ses équipes de permanents. Je profite de cet éditorial pour remercier Marie-Pierre Peillon pour ces trois énergiques années de présidence.

En 2014, notre place financière a connu des évolutions bienvenues avec le retour du siège d’Euronext à Paris (ou next to Paris), avec le lancement d’Enternext dédiée aux PME, qui s’inscrivent dans l’impératif de retour de la finance au service de l’économie, objectif partagé par les pouvoirs publics et par l’autorité de Place, comme en témoigne la vision du plan Paris 2020.

Si la place de la finance évolue, les métiers aussi et donc les professions de nos membres, comme en témoigne la croissance du nombre de professionnels de l’investissement, ni analystes ni gérants, et qui représentent désormais la moitié de nos adhérents.

Les émetteurs sont nos interlocuteurs privilégiés et nous travaillons à adapter nos services pour accompagner leur dialogue avec les investisseurs, nos membres. Vis-à-vis de vous, nous devons proposer les services d’un club, tout en étant plus qu’un club.

Le redressement en cours de notre chiffre d’affaires doit nous conduire à une situation financière équilibrée, gage de notre capacité à nous investir. Dans un monde en évolution, nous avons à nous appuyer sur nos valeurs de confraternité et d’entraide, mais nous devons aussi continuer notre effort de réflexion et de formation. La SFAF a pour objectif à la fois de transmettre l’expérience et le savoir de ses membres aux plus jeunes et aussi d’adapter son offre de formation continue aux nouveaux métiers. Les nouvelles formes d’intermédiation non bancaire renforcent les exigences de professionnalisme et d’éthique et ouvrent un domaine important, celui des métiers du crédit.

La revue Analyse financière est un point de passage essentiel de notre action, un forum de réflexion ouvert aux évolutions de la finance. Cette ouverture fait la richesse de la revue, coordonnée par les équipes de la SFAF et constituée par les articles écrits par nos membres/auteurs, que je remercie ici, et enrichie par les contributions de nombreux professionnels et académiques.

Cette revue n’est donc pas du luxe, même si tel est le sujet principal de cette édition (“Le secteur luxe : les secrets de la réussite”)… qui vous ouvre aussi la porte de la finance ‘quant’, le champ du quantique… qui peut être aussi fascinant que ceux des cantiques.

Au nom du conseil d’administration, je vous souhaite une heureuse année 2015.

Jean-Baptiste Bellon
Président de la SFAF

> Lire l’introduction du dossier « Luxe, les secrets de la réussite »

> Lire l’introduction du focus métiers « Développement de la gestion passive : est-ce une bonne nouvelle ? »

2014

 

 

Éditorial Analyse financière n°53 - Octobre 2014

Participer à l’innovation, à nous d’agir !

Sommaire de l’édition 53

Parler des biotech et medtech, c’est faire état d’innovation. Parler d’innovation, c’est évoquer la compétitivité et la croissance.

La France est un pays phare de l’innovation comme en témoigne le dossier publié dans cette édition et composé de nombreux articles de médecins et chercheurs, d’experts, de dirigeants d’entreprises cotées de ce secteur qui montrent une incontestable envie d’aller de l’avant.

Cette industrie des biotech et medtech, naissante en Europe, regroupe une cinquantaine d’entreprises cotées sur le marché français dont plusieurs ont été introduites en Bourse en 2014. Ce mouvement se place au coeur des enjeux stratégiques pour la communauté humaine. Il représente aussi un sujet important pour l’écosystème financier car ces start-up demandent à être accompagnées sur le plan financier. Après la phase d’amorçage, elles éprouvent en effet, le plus souvent, des difficultés pour assurer leur développement.

Or, le soutien des pouvoirs publics, bien que nécessaire, ne suffira pas. Et, si le poids croissant d’investisseurs américains dans ce secteur français est prometteur, il pose la question de “l’américanisation” du capital de potentielles pépites industrielles qui se répercuterait à terme sur les choix stratégiques.

Le second sujet traité dans cette édition, celui de la notation, n’est pas déconnecté du premier. Jusqu’ici dominé par trois grandes institutions, le monde des agences de notation doit s’ouvrir et adapter ses modèles pour analyser ces sociétés, ETI et PME, en recherche de capitaux pour se développer et s’imposer sur la scène européenne et internationale.

Chacun des acteurs peut favoriser l’innovation. La Sfaf est partie prenante. À nous d’agir !

Michèle Hénaff
Rédactrice en chef

> Lire l’introduction du dossier « Biotech et Medtech, un catalyseur économique ? »

> Lire l’introduction du focus métiers « Notation : les modèles évoluent »

Éditorial Analyse financière n°51 - Avril 2014

Du capital industriel au capital immatériel

Sommaire de l’édition 51

Et si nous étions à l’aube de la troisième révolution industrielle ? Et si cette révolution industrielle conduisait à la croissance tant attendue et au regain du côté de l’emploi ? Et si la réalité était bien là ? Jeremy Rifkin1, économiste et conseiller politique américain, affirme depuis plusieurs années que le rapprochement des technologies de communication avec les sources énergétiques alternatives conduira inéluctablement à une transformation majeure, une nouvelle ère industrielle.

Le dossier sectoriel publié de cette édition, centré sur le secteur des biens d’équipement (industries électriques, mécaniques, électroniques notamment), montre que le tournant est d’ores et déjà amorcé au niveau mondial. Innovation et marketing deviennent les fondements majeurs d’un secteur jadis caractérisé par des investissements industriels proprement dit.

Le groupe sectoriel de la SFAF, présidé par Frédéric Lebon, s’est associé à cette réalisation avec l’objectif de montrer comment évoluent ces entreprises qui doivent constamment renouveler et élargir leur gamme, tout en rationalisant les moyens. L’industrie 4.0 émerge, marquée par l’intégration des technologies numériques au coeur des processus industriels. Dans ce contexte, les stratégies de différenciation et les opérations de M&A méritent la plus grande attention des investisseurs.

Innovation oblige. Nous avons profité de la publication d’un dossier sur les changements dans l’industrie pour revenir sur une autre grande tendance : le passage de l’économie matérielle à l’économie immatérielle. Alors que 80 à 90 % de la capitalisation boursière des entreprises sont constitués par des actifs immatériels, nombre d’entre elles éprouvent des difficultés pour passer de l’étape de la cartographie à l’évaluation et au pilotage de ces actifs.

Acteur de place, la SFAF a décidé d’organiser sa troisième conférence sur ce sujet en mai prochain2. Nous vous livrons ici, en avantpremière, les points de vue et les opinions d’acteurs fortement désireux d’avancer sur cette problématique, levier de l’économie de demain.

Michèle Hénaff
Rédactrice en chef

(1) Auteur de La troisième révolution industrielle – Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le Monde (Éditions Les liens qui libèrent. Février 2012). Jeremy Rifkin vient de publier The Zero Marginal Cost Society en avril 2014. Traduction française disponible en septembre 2014.

2) Conférence « Piloter les actifs immatériels dans l’entreprise » organisée le jeudi 15 mai

Éditorial Analyse financière n°52 - Juillet 2014

Financement des PME et désintermédiation

Sommaire de l’édition 52

Depuis de longs mois, les petites et moyennes entreprises suscitent un fort intérêt lié notamment à leur poids dans l’économie, tant en termes de croissance que d’emplois. De nombreuses études ont également démontré que l’accès au financement constitue un atout majeur pour assurer le développement des entreprises tant en France qu’à l’étranger. Le financement des PME devient donc un enjeu clé de la compétitivité.

En publiant ici le dossier Financement des PME -Trouver sa voie, la revue Analyse financière prend part aux débats.

Ces échanges, nombreux et complexes, peuvent conduire à des polémiques. En effet, selon la FBF, 9 PME sur 10 obtiennent les crédits d’investissement demandés (1), « un des scores les plus élevés en Europe », mais seuls 9 % des dirigeants déclarent n’affronter aucune difficulté de trésorerie ou de financement (2).

Mais face à ces différents, nous savons que les conséquences de la crise financière ont conduit à la mise en place d’une réglementation prudentielle visant à renforcer les fonds propres et la liquidité des banques, créant ainsi les fondements d’une marche vers la désintermédiation. Bien que le modèle dominant de financement de l’économie européenne demeure celui de l’intermédiation bancaire pour de nombreuses années, le défi consiste désormais à développer le marché de manière durable et ordonnée pour soutenir la croissance à court et moyen terme. Cela nécessite un effort considérable de coordination des nombreux acteurs concernés (institutionnels, émetteurs, analystes financiers, investisseurs, agences de communication financière…).

La SFAF se place au coeur de ce nouveau paysage. Après avoir souligné tout l’intérêt de la création d’EnterNext qui permet aux entreprises moyennes et petites de financer leur croissance par le marché (fonds propres et produits de dette)(3), l’association se mobilise pour sensibiliser et former ces entreprises à la communication financière et pour défendre l’existence de canaux d’information efficaces de façon à préserver un cadre transparent et équitable pour les investisseurs ; ceci au bénéfice de la communauté financière.

Marie-Pierre Peillon
Présidente de la SFAF

(1)Communiqué de la FBF du 16 avril 2014. (2)19ème édition du baromètre de KPMG et de la CGPME, sur le financement et l’accès au crédit des PME. Octobre 2013. (3)Voir à ce sujet l’édition 48 de juillet – septembre 2013, p.4 « Enternext, une étape nouvelle vers la Bourse du futur », également disponible sur notre site.

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