La gestion d’actifs mise sur la blockchain

Conçue fin 2008 pour héberger les transactions électroniques de la cryptomonnaie bitcoin, la blockchain fête ses dix ans. Si cette technologie de « chaînes de blocs » n’est pas encore mature, elle suscite l’intérêt de nombreux secteurs et des pouvoirs publics. En témoigne le récent et conséquent rapport publié par « France Stratégie » le 20 juin dernier[1].

Les secteurs finance et banque assurance, qui seraient les premiers concernés, multiplient les expérimentations. Et ce qui est vrai dans le domaine du paiement et des assurances l’est aussi dans la gestion d‘actifs, sujet de ce dossier. D’autant que les contraintes réglementaires (MIF 2 et PRIIPs[2] notamment) tendent à accélérer l’utilisation des nouvelles technologies, comme l’a souligné à plusieurs reprises Muriel Faure, présidente de la mission innovation de l’Association française de la gestion (AFG)[3].

Deux expérimentations notables sont en cours depuis 2017 : la première plate-forme a pour nom FundsDLT, une initiative luxembourgeoise émanant de la société Fundsquare, filiale de la Bourse du Luxembourg, à laquelle sont associés KPMG et InTech ; pour la seconde, il s’agit de la plate-forme pan-européenne d’achat et de vente d’OPC en blockchain appelée IZNES, qui associe la fintech française SETL, spécialiste de la blockchain, et un consortium de sociétés de gestion : OFI AM, présente dès l’origine du projet en septembre 2017, rejointe ensuite par Arkéa Investment Services, La Banque Postale AM, La Financière de l’Échiquier, Groupama AM et Lyxor AM.

De l’avis des professionnels témoignant ici, la blockchain, qui permet d’authentifier toutes sortes de données, bouleversera la façon de réaliser les transactions et conduira à une nouvelle configuration des offres de services du postmarché, permettant à la fois de connaître l’investisseur final et de mieux anticiper les flux. Autrement exprimé, la chaîne de distribution serait simplifiée, les délais d’exécution et les coûts réduits.

Au moment où les sociétés de gestion s’inquiètent des répercussions de MIF 2 sur leur compte de résultats et, pour certaines, des impacts du fort développement de la gestion passive, la blockchain pourrait augurer de nouvelles
opportunités.

Les lecteurs de la revue Analyse financière sont invités à découvrir les visions des professionnels du secteur. Nous leur donnons aussi rendez-vous, fin 2018-début 2019, pour dresser un premier bilan de ces expérimentations.

Dossier réalisé par Anne Bechet et Michèle Hénaff

[1] « Les enjeux de la blockchain ». Rapport publié le 21 juin 2018 par le groupe de travail présidé par Joëlle Toledano, professeur des Universités en Sciences économiques à Centrale Supélec, co-directrice du Master IREN « Industries de Réseau et Economie Numérique ».

[2] Packaged Retail Investment and Insurance Products.

[3] « La transformation digitale des sociétés de gestion en SGP 3.O ». Rapport de l’AFG de janvier 2017. La revue Analyse financière n°63 p.36 (avril-mai-juin 2017).

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