Accès rapide

La communication financière – Entre réglementation et technologie

Après un premier dossier sur la communication financière consacré aux actionnaires individuels intitulé « Actionnariat individuel, le défi du rajeunissement »[1], la revue Analyse financière propose ici à ses lecteurs un deuxième volet sur la communication financière vers les investisseurs institutionnels.

L’AMF s’est elle-même saisie du sujet en publiant, début 2017[2], un document destiné aux valeurs moyennes dans lequel elle rappelle les grands principes et règles – issus de la réglementation et provenant de la pratique professionnelle – destinés à être utilisés dans la durée pour bénéficier de la confiance des marchés. Comme l’explique Philippe Allamel, directeur du département émetteurs de la SFAF : « Communiquer est essentiel pour la société nouvellement cotée. En cas de bonnes comme de mauvaises nouvelles pour l’entreprise, il s’agit avant tout de garder le lien avec l’investisseur et de respecter son contrat moral avec le marché ».

L’Investor Relations, responsable des relations avec les investisseurs, se situe au coeur de cette problématique. Pour Chris Hollis, président du Cliff, l’association française des professionnels de la communication financière, l’IR doit faire preuve d’une grande écoute et d’un réel professionnalisme dans un environnement marqué par une diffusion de l’information très rapide et une audience très large. Sa parole engage l’entreprise et sa valeur ajoutée se retrouve notamment dans le feedback du marché (voir l’entretien avec Anthony Mellor).

Avec l’entrée en vigueur de MIF 2, la problématique des relations avec les investisseurs risque de se complexifier, notamment pour les plus petites valeurs qui pourraient être moins bien suivies par les analystes financiers car la baisse attendue de la valeur de marché de l’analyse financière va conduire à une diminution du volume de la recherche et de son tarif.

A contrario, l’activisme actionnarial, qui gagne du terrain – particulièrement aux États-Unis et dans une moindre mesure en Europe[3] –, renforce la nécessité d’un dialogue régulier avec le marché. Selon l’étude annuelle Citigate Dewe Rogerson, les entreprises adaptent de plus en plus leur stratégie de communication financière pour y faire face et cela se traduit par un dialogue régulier avec les actionnaires clefs.

Mais une façon de réduire la vulnérabilité de l’entreprise ne serait-elle pas de se faire des alliés de long terme ? Si l’investisseur doit diversifier son risque, comme l’explique Éric Soyer, directeur financier d’Erytech, l’entreprise ne doit-elle pas en faire autant en s’appuyant aussi sur des investisseurs à long terme, y compris ses salariés ? La question se pose avec acuité à l’heure où les notions de durabilité, de Corporate governance et de responsabilité sociale, qui représentent le fondement du rapport intégré, gagnent du terrain au sein des sociétés.

Michèle Hénaff,
Rédactrice en chef de la revue Analyse financière

(1) La revue Analyse financière n° 64 (juillet-septembre 2017) – dossier Métier « Actionnariat individuel, le défi du rajeunissement« .
(2) Communication financière des valeurs moyennes : mieux comprendre les attentes des analystes financiers et des investisseurs professionnels. Document réalisé par l’AMF en coopération avec la SFAF et l’AFG (janvier 2017).
(3) Aux États-Unis, 327 campagnes activistes ont été menées en un an. En Europe, les campagnes activistes ont doublé en un an (119 entre juillet 2016 et juin 2017) (source : JP Morgan).

> Acheter la version numérique du focus métier « La communication financière – Entre réglementation et technologie »

La SFAF est à l’initiative de MiFIDVision + d'infos
Nous suivre : Twitter Linkedin