Intégration de l’information extra-financière par les analystes et les gérants
Résultats de la première édition du baromètre SFAF

Le 17 octobre 2018, la commission Analyse extra-financière de la SFAF a présenté les résultats de la 1ère édition de son baromètre sur l’intégration de l’information extra-financière, dont l’objectif est de cerner comment ces données sont utilisées par les analystes et les gérants, à l’occasion d’une soirée-débat sur le thème « Quels virages de l’industrie de la gestion d’actifs en matière d’intégration ESG ? » en présence d’experts, d’analystes, de gérants et d’émetteurs.
Ce virage semble bien engagé et les acteurs se professionnalisent pour répondre aux attentes du marché. Néanmoins les freins restent nombreux et nécessitent un dialogue permanent entre les émetteurs et le monde de la finance. Une opportunité d’innovation collaborative !

800 analystes et gérants membres de l’association ont été interrogés par voie électronique, du 12 et au 27 septembre 2018, sur l’intégration de l’information extra-financière (ESG[1], immatériel…) dans leurs pratiques professionnelles. Cette consultation, qui a vocation à devenir un baromètre annuel, vise à comprendre dans quelle mesure le monde de la finance de la Place de Paris analyse ces éléments, et à identifier ses besoins. Le taux de réponse (9% du panel) appelle aux précautions dans les conclusions.

Premier enseignement de l’enquête : 80% des professionnels qui y ont répondu sont en majorité des analystes et des gérants mainstream. 37% des gestions ont une équipe dédiée à l’analyse extra-financière. Preuve que le virage semble engagé, car une large majorité des répondants (68%) utilisent systématiquement ou régulièrement des informations extra-financières dans leur métier contre 14% rarement ou jamais.
L’enquête distingue ainsi deux groupes : celui des  « engagés dans les pratiques d’intégration » de celui des « résistants » dont les comportements et les stratégies diffèrent.

La pratique de l’intégration ESG semble poussée par des motivations intrinsèques : elle apparaît, pour 53% des « engagés », comme une démarche indissociable de l’analyse de performance à long terme des émetteurs et, pour 20%, comme un engagement propre à la société de gestion. Des facteurs externes entrent également en compte : essentiellement la pression exercée par les investisseurs institutionnels sur le marché. Autre fait marquant : l’analyse de la gouvernance tend à devenir une pratique mainstream, intégrée par 85% des « engagés ».

Toutefois, 30% des « engagés » et 70% des « résistants » déclarent rencontrer des obstacles : manque de disponibilité, de fiabilité et de standardisation des données ESG,  absence de définitions homogènes. Le manque d’investissement humain et financier dans les équipes de gestion ou d’analyse est également mentionné par 29% des répondants « engagés ». Ce qui montre le chemin qui reste à parcourir ! D’autant que la majorité des « résistants » indiquent que cette approche n’est pas prioritaire dans leur métier ou qu’ils ne perçoivent pas de liens entre l’extra-financier et le financier.

Concernant les sources d’informations extra-financières : 81% des « engagés » utilisent les informations directement produites par les émetteurs. 45% déclarent également avoir recours aux services des agences de notation extra-financières. Le dialogue direct avec les émetteurs est une pratique privilégiée, sans doute pour une meilleure compréhension de ces données encore peu normées.

En dépit des avancées, les critiques restent nombreuses sur la qualité des informations extra-financières sur les émetteurs, particulièrement concernant les Small and Mid Caps : 43% des sondés qui en font usage la jugent non satisfaisante. Ils mettent l’accent sur le besoin de comparabilité entre émetteurs et de connectivité entre les indicateurs RSE et la performance financière.

En ce sens, le rapport intégré, dont l’usage se répand, est particulièrement attendu sur ces points, ainsi que sur la prospective. La concision et la sélectivité des informations de cette publication reste prioritaire pour permettre aux lecteurs d’appréhender clairement les facteurs de création de valeur à court, moyen et long terme… en y intégrant naturellement les enjeux ESG.

Ces travaux liés au baromètre continueront d’alimenter les travaux de la SFAF, visant à faciliter la transition vers une analyse financière intégrée, socle d’une finance durable.

La présentation de Yann Le Fur, co-auteur du Vernimmen et Senior Banker chez Natixis, est disponible via ce lien : Télécharger

Contact : think-tank@sfaf.com

[1] Environnement, Social et Gouvernance.

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