Gouvernance, partage de la valeur et pérennité de l’entreprise

Le sujet n’est pas nouveau mais il devient de plus en plus pressant. Le caractère disruptif des nouvelles technologies et les attentes globalement de plus en plus affirmées de la société vis-à-vis des entreprises pour faire face aux défis économiques, sociaux et politiques interpellent les instances de gouvernance.

Au-delà des aspects réglementaires forts de ces dernières années – notamment la loi Sapin II pour ce qui concerne la France -, le droit souple de la gouvernance s’adapte, lui aussi, à l’instar du code Afep-Medef qui vient d’être révisé pour la septième fois en juin dernier.

Le sujet de la gouvernance traité ici et la question induite du partage de la valeur conduisent les pays européens, comme les États-Unis, à questionner les formes juridiques des sociétés. Pour sa part, le rapport Senard-Notat propose de modifier le code civil afin que l’entreprise ne soit plus uniquement considérée comme une organisation au service des actionnaires mais comme un lieu prenant en compte les enjeux sociaux et environnementaux.
Le ton est donné et une brèche semble ouverte alors que la loi PACTE, présentée en Conseil des ministres le 18 juin dernier, plaide pour une dynamisation de l’épargne salariale.

En cette fin de période des assemblées générales 2018, on peut cependant regretter un manque d’avancée sur certains sujets. Si les observateurs ont noté un apaisement sur les questions des rémunérations des dirigeants avec un taux d’approbation reparti à la hausse, une plus grande transparence vis-à-vis des questions de RSE et une montée en puissance des Roadshow gouvernance, l’évaluation des conseils demeure une pratique rare. Et sur les 39 mandats du SBF 120 désormais dévolus à des moins de 40 ans, huit seulement sont tenus par des administrateurs indépendants.

En outre, alors que l’activisme se développe, la question de l’actionnariat minoritaire et individuel reste en suspens. Pour les larges capitalisations notamment, la base d’investisseurs est de plus en plus concentrée et mondialisée, la part des gestionnaires d’actifs étant passée de 22 % en 2012 à 26 % fin 2016.

À l’heure où plus de 80 % de la valeur des grandes entreprises reposent sur l’immatériel, le capital humain, la marque et la réputation, pourquoi ne pas considérer la gouvernance et sa qualité comme un actif ?

Michèle Hénaff,
rédactrice en chef de la revue Analyse financière

> Acheter la version numérique PDF du dossier « Gouvernance, partage de la valeur et pérennité de l’entreprise »

La SFAF est à l’initiative de MiFIDVision + d'infos
Nous suivre : Twitter Linkedin