Finance verte pour croissance durable

Décembre 2017 : deux ans jour pour jour après le COP21, les leader internationaux se réunissaient à Paris pour analyser la façon dont les acteurs engagés dans la finance (publique et privée) peuvent soutenir la lutte contre le changement climatique. Mars 2018 : la Commission européenne présente son plan d’action pour le financement de la croissance durable et soutient qu’environ 180 milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an seront nécessaires pour que l’UE puisse atteindre les objectifs pour 2030 fixés lors du sommet de Paris, notamment la réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre.

La finance verdit… lentement. C’est le constat peu satisfaisant du rapport Ducret/Lemmet de décembre 2017 selon lequel : « Tant à l’échelle mondiale qu’en France, il faut multiplier et accélérer les investissements verts pour s’aligner sur la trajectoire nécessaire à l’atteinte des objectifs climatiques, sans oublier de réduire les investissements bruns. »

Le rapport 2016 du Climate Policy Initiative évaluait les flux de financements mondiaux dédiés à l’objectif climatique à 410 milliards de dollars en moyenne annuelle sur la période 2015-2016 (deux tiers d’investissements privés). Actuellement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) table sur 1 000 milliards de dollars annuels d’investissement pour limiter la hausse de la température moyenne du globe à 2° d’ici 2050.

Si le volume des ressources nécessaires comme la mise à disposition d’instruments financiers adéquats représentent l’aspect majeur du débat, une autre question est celle du fléchage, c’est-à-dire de l’identification des investissements rentables financièrement, économiquement et socialement. Sans omettre que le système financier doit aussi se réorganiser pour permettre le transfert de l’épargne d’un espace économique à un autre.

Cerner l’ensemble de ces problématiques est tout l’objet de ce dossier « Finance verte pour croissance durable » qui rassemble des témoignages d’acteurs d’horizons divers : émetteurs, banques, sociétés de gestion, institutions financières, agence de notation, chercheurs… en quête de solutions pour contrer ce défi climatique.

Parce que la thématique du climat rejoint à la fois celle de la croissance durable et de l’innovation des circuits financiers – vecteurs d’investissements industriels d’aujourd’hui et de demain –, il apparaît urgent d’agir de manière collective et coordonnée en dépassant les possibles divergences d’intérêt.

Michèle Hénaff,
rédactrice en chef de la revue Analyse financière

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