Accès rapide

Développement de la gestion passive : est-ce une bonne nouvelle ?

La part allouée à l’indiciel par les gérants des fonds de pension et les grandes compagnies d’assurance est en augmentation régulière. Ce phénomène, enclenché il y a une quinzaine d’années, s’est renforcé à la faveur de la crise de 2008. La tendance s’est accélérée nettement au cours du second semestre 2014 et pourrait conduire à un doublement de la part dévolue à la gestion passive à horizon 2020. Quelles sont les conséquences potentielles d’un tel transfert des allocations pour les gestionnaires classiques ? Faut-il s’en alarmer ?

Ce dossier explique les raisons du succès de la gestion indicielle auprès des fonds de pension, des caisses de retraite et des compagnies d’assurance et les raisons pour lesquelles, paradoxalement, ils ont mis autant de temps à adopter ce type d’investissement (voir l’article). Parallèlement à cette montée en puissance de la gestion indicielle classique et de façon plus récente, un nombre grandissant d’institutionnels recourent à des stratégies d’investissement d’un genre nouveau appelé smart beta (gestion passive dite “intelligente”), permettant de s’affranchir des biais statistiques induits par les capitalisations boursières (voir l’article). Il s’agit là d’un domaine en très forte croissance où les sociétés de gestion françaises jouent un rôle primordial.

Toutefois, l’offre pléthorique des exchange-traded funds (ETF) ainsi que la grande disparité des frais de gestion des fonds indiciels non cotés ne sont pas toujours faciles à appréhender. Cela incite à la prudence, à faire le tri pour identifier les stratégies vraiment payantes (voir l’article). Dans le prolongement des travaux d’Eugene Fama (prix Nobel d’économie 2013) et de Burton Malkiel, certains experts européens tels Christian Walter (voir l’article), historien des sciences et techniques financières, estiment que la notion de benchmark elle-même proviendrait d’une « erreur méthodologique » due, selon lui, à une application sommaire de la théorie des moyennes de Quetelet et de la théorie des erreurs.

Pour les partisans de la gestion indicielle, le progrès apporté par le développement de cette approche est inéluctable, notamment parce qu’il répond aux exigences de réduction des coûts des investisseurs en période de crise (voir l’article). Une autre tendance expliquée ici concerne le rapprochement entre la gestion indicielle et l’ISR, illustrée aujourd’hui par l’émergence d’indices low carbon (voir l’article).

Dans un contexte économique difficile marqué, au sein même des grandes sociétés de gestion généralistes, par le risque d’une “cannibalisation” croissante de la gestion traditionnelle liée à l’offre de fonds passifs à bas coûts, les gestionnaires « actifs » vont devoir redoubler d’efforts pour produire de la performance en s’affranchissant des carcans des indices. Tous ne pourront y parvenir : il faut donc s’attendre dans les prochaines années à une consolidation de l’industrie de la gestion d’actifs.

Dossier coordonné par Anne Bechet et M. Nicolas J. Firzli

> Acheter la version numérique du focus métiers « Développement de la gestion passive : est-ce une bonne nouvelle ? »

La SFAF est à l’initiative de MiFIDVision + d'infos
Nous suivre : Twitter Linkedin