Crowdfunding : l’industrie française attend des signes favorables en 2019

Après le dépôt de bilan d’Unilend en octobre dernier et les arrêts des levées de fonds chez SmartAngels, les acteurs des plates-formes françaises de financement participatif restent dans l’attente de la présentation de la loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) devant le Sénat.

La publication du bilan global de l’année 2018 attendue, elle aussi, pour fin janvier, va-t-elle entériner les tendances constatées sur le premier semestre 2018 ? (voir le baromètre) Si le nombre de contributeurs s’était inscrit en hausse sur cette première période, les chiffres restaient contradictoires avec un volume collecté représentant encore une goutte d’eau face aux besoins de financement des PME et TPE.

Sur le premier semestre, le montant levé a certes atteint 208,6 millions d’euros contre 153, 5 millions sur la même période de 2017 (+ 36 %) mais les chiffres ont montré une baisse des volumes pour l’investissement en capital (- 50 % en un an ; 8 % du total) alors que la croissance des prêts (rémunérés ou pas, obligations et minibons) atteignait à + 76 %. Autre constat notable souligné dans les témoignages publiés dans ce dossier : plus de 45 % de ce qui finance le crowdfunding est dédié à l’immobilier (+ 70 % sur un an, avec 170 millions d’euros collectés début décembre et 250 projets).

Alors, la loi PACTE comportera-t-elle les mesures nécessaires pour permettre aux investissements par la foule (don, prêt et investissement) de prendre une nouvelle ampleur ? Parmi les principaux sujets en suspens (voir l’article de Stéphanie Savel – WiSEED) figurent le relèvement du plafond maximum d’une levée de fonds à 8 millions d’euros, l’élargissement aux PEA-PME des titres émis dans le cadre du financement participatif (titres participatifs, obligations à taux fixe et minibons), la possibilité d’affecter dans un plan d’épargne retraite des titres intermédiés par les conseillers en investissement participatif…

De telles mesures, combinées à la récente prise de conscience des grands groupes, illustrée en novembre par l’initiative « Grandir ensemble » réunissant la plate-forme européenne October (ex Lendix) et 11 grandes entreprises volontaires pour accompagner des PME, TPE et ETI de leur écosystème (voir l’article de Philippe Gaborieau – Happy Capital), offriraient de nouveaux horizons au financement participatif. Comme aux petites entreprises directement concernées par l’objectif affiché de la future loi : investir et se transformer pour croître.

Achevé de rédiger le 31 décembre 2018
Michèle Hénaff, rédactrice en chef de la revue Analyse financière

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