Corporate Venture, quand agilité rime avec croissance

L’union ferait-elle la force ? Un nombre croissant de grands groupes comme d’entreprises moyennes investissent – généralement de façon minoritaire – dans des start-up, devenant ainsi des acteurs du capital risque. La montée en puissance du Corporate Venture Capital ne se dément pas, notamment aux États-Unis où plus de 100 CVC sont actifs, pour des montants gérés de 7 milliards d’euros[1]. Le marché français du CVC, qui représente 300 millions d’euros, tend toutefois à devenir un des plus actifs en Europe.

Les temps sont loin où seules les entreprises de la pharmacie et de la technologie étaient concernées. Si les sociétés visées sont majoritairement celles du numérique, des sciences de la vie et les Cleantech, la plupart des secteurs sont désormais concernés (banque-assurance, aéronautique, grande distribution, industrie alimentaire, énergie, médias, cosmétiques…) avec des synergies variables entre le groupe et la start-up. L’innovation étant la composante centrale de la croissance, l’enjeu pour le groupe est de capter l’agilité pour pérenniser son activité, voire repenser son modèle économique, tout en restant maître du jeu.

Le développement des CVC s’explique aussi par l’interdépendance croissante des fonds d’investissement d’entreprises avec les fonds d’investissement classiques soucieux de rapprocher rapidement leurs poulains des grands groupes. Attention toutefois : la masse d’investissements disponible peut conduire à une survalorisation des start-up par les groupes !

Distincts d’autres formes de collaboration (incubateurs, accélérateurs, hackathons…), les CVC exercent systématiquement le double rôle d’investisseur et de détecteur d’innovation aux côtés d’autres investisseurs. Ils peuvent être investisseurs (Limited Partner) dans un fonds d’investissement géré par une société de gestion de Private Equity ou Venture capital, ou bien représenter une structure ad hoc souvent pilotée par les équipes M&A des grands groupes mais dotée d’une organisation et d’une gouvernance dédiées. Quant aux façons de travailler, elles varient selon la maturité stratégique et la taille des groupes investisseurs.

L’article récent de Kasia Kalewska, membre de la SFAF et conseil indépendant en Private Equity[2] est complété ici par plusieurs témoignages permettant de comprendre l’évolution de cette activité et d’en dessiner les perspectives d’avenir.

Michèle Hénaff, rédactrice en chef de la revue Analyse financière
Dossier coordonné par Anne Bechet, journaliste, et Jean-Yves Léger, membre du comité de rédaction de la revue Analyse financière.

[1] Source BPI France.

[2] La revue Analyse financière n°65 (octobre-décembre 2017) – p.9.

Au sommaire de ce focus :
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