Brexit, voir au-dessus du brouillard

Qui dit Brexit pense immédiatement à la finance, la Bourse et la monnaie, mais quelles seront les conséquences pour les autres secteurs comme l’automobile, l’assurance, l’immobilier, la grande consommation, la défense… ?

En dépit du flou qui règne principalement du fait des incertitudes politiques côté britannique, le comité de rédaction de la revue Analyse financière a décidé de réaliser ce dossier sur le Brexit pour rappeler les grands enjeux possibles de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Plusieurs personnalités chargées des relations avec le Royaume-Uni s’expriment ici, notamment Olivier Campenon, président de la chambre de commerce franco-britannique, qui alerte les entreprises sur le risque de non préparation à cette échéance.

À moins d’un nouveau référendum – ce qui semble peu probable sur le plan politique –, les entreprises liées aux britanniques sur le plan commercial devront modifier leurs chaînes d’information et revoir les contrats juridiques pour être prêtes en janvier 2019. Or, on sait à quel point la mise en place de nouveaux process peut exiger du temps.

Bien évidemment en raison de l’importance de la City, la question des services financiers occupe une place prépondérante dans les négociations (lire notamment les articles de Jérôme Brouillet, de Jean-Christophe Cotta et Geoffroy Goffinet). Selon l’Institut Friedland, 20% de l’activité (soit 35 milliards d’euros) seraient concernés par des projets de délocalisations.

Comme certaines sociétés, plusieurs banques ont déjà annoncé leur départ vers d’autres capitales européennes. Face à Amsterdam, Dublin, Francfort et le Luxembourg, la Place de Paris se positionne, comme l’ont confirmé les déclarations du premier ministre Édouard Philippe lors des journées Paris Europlace de juillet dernier. Début octobre, à l’issue d’une réunion du comité « Place de Paris 2020 », Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et les principaux représentants de l’industrie financière ont aussi affiché leur volonté de faire de Paris la première place financière d’Europe continentale. Et une consultation publique a été lancée pour recenser les possibles simplifications dans le domaine de la régulation, la France imposant des contraintes supplémentaires par rapport à ses concurrents européens.

Gageons que ces initiatives seront suivies d’effets au profit du secteur des services financiers qui, fort d’une nouvelle organisation en Europe, pourra satisfaire les besoins de financement, notamment ceux des ETI et PME. Et si, sans avoir besoin de rêver, nous vivions un moment historique de réconciliation entre finance, économie réelle, investissement et… emplois.

Dossier réalisé par Michèle Hénaff,
rédactrice en chef de la revue Analyse financière

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